Abondement de l'épargne salariale en 2026
Épargne Salariale

Abondement épargne salariale : PEE, PER collectif et plafonds 2026

5 novembre 20249 min de lectureLaurence Martinez
L'abondement complète les versements du salarié sur son PEE ou son PER collectif, dans la limite de 300 % et de 3 844,80 € ou 7 689,60 € en 2026. Exonéré d'impôt sur le revenu, il supporte 9,7 % de CSG et de CRDS.

L'abondement est le complément que l'employeur ajoute aux versements d'un salarié sur son plan d'épargne salariale. En 2026, il ne peut dépasser trois fois le versement du salarié, ni 3 844,80 € sur un PEE ou 7 689,60 € sur un PER collectif. Il échappe à l'impôt sur le revenu, mais pas à la CSG.

Mis à jour le 20/10/2026

L'essentiel

  • L'abondement de l'employeur est facultatif et plafonné à 300 % du versement du salarié (Code du travail, art. L3332-11).
  • Plafonds 2026 : 3 844,80 € sur un PEE (8 % du plafond de la Sécurité sociale), 6 920,64 € en actions de l'entreprise, 7 689,60 € sur un PER collectif (16 %).
  • Côté salarié : exonération d'impôt sur le revenu, CSG et CRDS de 9,7 % prélevées dès le premier euro.
  • Côté employeur : forfait social de 20 % en principe, 16 % ou 10 % dans certains cas, aucun forfait sous 50 salariés pour les entreprises non tenues à la participation.
  • Plus de 3,5 millions de salariés bénéficiaient d'un abondement en 2024, selon les données de la Dares.

En octobre 2026, beaucoup de salariés reçoivent leur intéressement ou leur participation et doivent choisir entre la percevoir et la placer. L'abondement pèse lourd dans ce choix. Cet article vous donne la définition de l'abondement de l'épargne salariale, ses plafonds 2026, sa fiscalité, deux exemples chiffrés et les règles que l'entreprise doit respecter pour le mettre en place.

Abondement épargne salariale : définition et principe

L'abondement est un versement complémentaire de l'entreprise sur le plan d'épargne salariale d'un salarié, en proportion de ce que ce salarié y verse lui-même. Il est prévu par le règlement du plan et reste facultatif, rappelle la fiche épargne salariale d'economie.gouv.fr du 20/03/2026.

L'abondement s'applique aux plans d'épargne salariale : le plan d'épargne entreprise (PEE), le plan d'épargne interentreprises (PEI) et le PER d'entreprise collectif (PERECO), qui a remplacé le Perco. Il peut compléter des versements volontaires du salarié, ou les primes d'intéressement et de participation qu'il décide de placer.

Deux principes encadrent le dispositif, selon l'Urssaf. Le plan est collectif : aucun salarié ne peut en être exclu, hors condition d'ancienneté de 3 mois au plus. L'abondement ne doit pas non plus se substituer à un élément de salaire.

Le poids du dispositif est réel. Selon les données de la Dares compilées par le Cercle de l'Épargne en juillet 2026, plus de 3,5 millions de salariés bénéficiaient d'un abondement de leur employeur en 2024. Les entreprises ont versé 2,16 Md€ sur les PEE et près de 860 M€ sur les PER collectifs.

À retenir : l'abondement est un complément facultatif de l'employeur, proportionnel au versement du salarié, réservé aux plans d'épargne salariale collectifs.

Quels sont les plafonds de l'abondement PEE et PER collectif en 2026 ?

Les plafonds de l'abondement épargne salariale se calculent en pourcentage du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € pour 2026. Deux limites se cumulent : 300 % du versement du salarié et un montant annuel maximal par plan.

PlanLimite par rapport au versementPlafond annuel 2026
PEE ou PEI3 fois le versement du salarié3 844,80 € (8 % du PASS)
PEE, versement en actions de l'entreprise3 fois le versement du salarié6 920,64 €
PER d'entreprise collectif3 fois le versement du salarié7 689,60 € (16 % du PASS)

Ces montants figurent sur les fiches PEE (vérifiée le 01/01/2026) et PER collectif (vérifiée le 12/10/2026) de service-public.gouv.fr, qui arrondit le second à 7 690 €.

Les plafonds s'apprécient par salarié, par type de plan et par année civile. Un salarié équipé d'un PEE et d'un PER collectif peut donc recevoir jusqu'à 11 534,40 € d'abondement en 2026, s'il verse assez pour déclencher les deux maximums.

Certains versements de l'employeur se passent d'un versement du salarié. Sur un PEE, ils sont réservés à l'achat d'actions de l'entreprise ou du groupe. Sur un PER collectif, le règlement peut prévoir un abondement initial et des abondements périodiques.

Comment calculer l'abondement de l'épargne salariale ?

Le calcul de l'abondement applique le taux fixé par le règlement du plan au versement du salarié, puis vérifie les deux plafonds légaux. Le taux peut être unique ou dégressif par tranche de versement.

Trois formules sont courantes :

  • Taux unique : 100 % de chaque euro versé, par exemple, jusqu'à un plafond propre à l'entreprise.
  • Taux dégressif : un taux élevé sur les premiers euros, puis un taux plus faible, pour encourager les petits versements.
  • Abondement ciblé : un taux majoré pour l'intéressement placé ou pour un fonds investi en actions de l'entreprise.

Exemple illustratif, calculé avec les plafonds 2026 : le PEE d'une entreprise prévoit 300 % sur les 500 premiers euros versés, puis 100 % sur les 1 000 € suivants. Un salarié verse 1 500 €.

Tranche de versementTauxAbondement brut
De 0 à 500 €300 %1 500 €
Au-delà de 500 € et jusqu'à 1 500 €100 %1 000 €
Total2 500 €
CSG et CRDS (9,7 %)− 242,50 €
Abondement net investi2 257,50 €

L'abondement brut de 2 500 € respecte les deux limites : il reste sous trois fois le versement (4 500 €) et sous le plafond de 3 844,80 €. Avec un taux de 300 % sur tout le versement, il suffirait de verser 1 281,60 € pour atteindre ce plafond.

Pour connaître la formule applicable, le salarié consulte le règlement du plan ou l'espace en ligne de son teneur de comptes. Notre page sur le plan d'épargne salariale présente le fonctionnement général des plans.

L'abondement de l'épargne salariale est-il imposable ?

L'abondement de l'épargne salariale est exonéré d'impôt sur le revenu dans la limite des plafonds légaux. Il reste soumis à la CSG et à la CRDS, au taux global de 9,7 % selon economie.gouv.fr, prélevées à la source par l'employeur lors du versement.

La page de l'Urssaf sur le régime social de l'abondement précise que la CSG et la CRDS s'appliquent dès le premier euro, sans l'abattement de 1,75 % pour frais professionnels. L'abondement est en revanche exonéré de cotisations de sécurité sociale, à condition de respecter six conditions, dont le dépôt de l'accord, le caractère collectif et la durée d'indisponibilité.

À la sortie du plan, le capital correspondant à l'abondement reste exonéré d'impôt sur le revenu. Sur un PEE, les gains supportent les prélèvements sociaux de 18,6 % en 2026. Sur un PER collectif liquidé en capital, ils supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux). En rente, une fraction de la rente est imposable selon l'âge au premier versement.

ÉtapeImpôt sur le revenuPrélèvements sociaux
Versement de l'abondementExonéréCSG et CRDS de 9,7 %
Sortie en capital d'un PEEExonérée, gains compris18,6 % sur les seuls gains
Sortie en capital d'un PER collectifExonérée sur l'abondement ; gains au PFU (12,8 %)18,6 % sur les seuls gains
Sortie en rente (PER collectif)Fraction imposable selon l'âge18,6 % sur la fraction imposable

Le détail de ces règles figure dans notre article sur la fiscalité de l'épargne salariale. Les fonds du plan ne sont pas garantis : ils comportent un risque de perte en capital, plus ou moins élevé selon leur exposition aux marchés.

Combien coûte l'abondement à l'entreprise ?

L'abondement coûte à l'entreprise son montant brut, augmenté du forfait social lorsqu'il est dû. Il n'ouvre droit à aucune cotisation patronale de sécurité sociale si les conditions d'exonération sont respectées.

Le forfait social est une contribution patronale sur certaines sommes exonérées de cotisations. Selon la page forfait social de l'Urssaf, son taux dépend de l'effectif et du plan :

SituationTaux du forfait social
Entreprise de moins de 50 salariés, non tenue de mettre en place la participationNon dû
Cas général, à partir de 50 salariés20 %
PER collectif en gestion pilotée par défaut, avec au moins 10 % de titres éligibles au PEA-PME16 %
Abondement affecté à l'achat de titres de l'entreprise, ou versement unilatéral en titres profitant à tous les adhérents dans la limite de 2 % du PASS10 %

Exemple illustratif : une entreprise de 120 salariés abonde 1 000 € sur le PEE d'un salarié. Elle verse 1 000 € d'abondement et 200 € de forfait social, soit un coût de 1 200 €. Le salarié voit 903 € investis sur son plan, après 97 € de CSG et de CRDS.

Les entreprises de moins de 50 salariés ont donc un intérêt particulier à abonder. La loi sur le partage de la valeur a d'ailleurs ouvert l'abondement d'un plan parmi les dispositifs que les entreprises de 11 à 49 salariés bénéficiaires peuvent choisir pour remplir leur nouvelle obligation.

Quelles conditions pour bénéficier de l'abondement ?

Pour bénéficier de l'abondement, le salarié doit adhérer au plan, remplir l'éventuelle condition d'ancienneté et effectuer un versement, sauf versement unilatéral de l'employeur. L'accord du plan doit en outre être déposé sur la plateforme de téléprocédure du ministère du Travail.

Les bénéficiaires sont larges. L'Urssaf cite les salariés en CDI ou en CDD, à temps plein ou partiel, les alternants et les salariés dont le contrat est suspendu. Les stagiaires en sont exclus. La condition d'ancienneté, si elle existe, ne peut dépasser 3 mois.

Les dirigeants accèdent aussi à l'abondement dans les entreprises qui emploient au moins un salarié en plus d'eux-mêmes et moins de 250 salariés. Sont visés le chef d'entreprise, le président, le directeur général, le gérant, ainsi que le conjoint collaborateur ou associé.

Quand un salarié reçoit ses primes, le choix du placement conditionne l'abondement. Notre comparatif intéressement et participation rappelle le délai de 15 jours pour décider. Si le PEE propose des actions de l'employeur, notre guide sur l'actionnariat salarié détaille l'abondement majoré et ses risques.

Quand récupérer l'abondement de l'épargne salariale ?

L'abondement suit le sort des sommes qu'il complète : il est bloqué 5 ans sur un PEE et jusqu'à la retraite sur un PER collectif. Les cas de déblocage anticipé prévus par la loi permettent de le récupérer plus tôt.

Sur un PEE, les cas de déblocage anticipé comprennent notamment l'achat ou l'agrandissement de la résidence principale, la création d'entreprise, la rupture du contrat de travail et le surendettement. Sur un PER collectif, la liste est plus courte : elle comprend notamment le décès du conjoint, l'invalidité, le surendettement, la fin des droits au chômage, la liquidation judiciaire et l'achat de la résidence principale.

Le départ de l'entreprise ne fait pas perdre l'abondement déjà versé. Les sommes restent acquises au salarié, qui peut les laisser sur le plan, les débloquer si le cas le permet ou les transférer vers le plan d'un nouvel employeur. Notre article sur le déblocage de l'épargne salariale détaille les délais et justificatifs.

Un abondement généreux ne justifie pas pour autant tous les placements. Un salarié qui place ses primes sur un fonds en actions de son employeur concentre son emploi et son épargne sur la même entreprise. Le guide complet de l'épargne salariale aide à répartir ses versements entre les fonds du plan.

Questions fréquentes

L'abondement est-il obligatoire pour l'employeur ?

L'abondement n'est jamais obligatoire. L'entreprise qui le prévoit fixe son taux et son plafond dans le règlement du plan, dans la limite de trois fois le versement du salarié et des plafonds légaux. Une fois inscrit au règlement, il s'applique de la même façon à tous les adhérents qui remplissent les conditions prévues.

Quel est le plafond de l'abondement PEE en 2026 ?

Le plafond de l'abondement PEE est de 3 844,80 € par salarié en 2026, soit 8 % du plafond annuel de la Sécurité sociale de 48 060 €. Il passe à 6 920,64 € lorsque le salarié investit dans des actions de son entreprise ou d'une entreprise du groupe. L'abondement ne peut jamais dépasser trois fois le versement du salarié.

L'abondement est-il soumis à la CSG ?

L'abondement est soumis à la CSG et à la CRDS au taux global de 9,7 %, dès le premier euro et sans abattement pour frais professionnels. Ces contributions sont prélevées par l'employeur au moment du versement. L'abondement est en revanche exonéré d'impôt sur le revenu et de cotisations de sécurité sociale dans les limites légales.

Peut-on cumuler l'abondement PEE et PER collectif ?

Les plafonds de l'abondement s'apprécient par type de plan, ce qui permet de les cumuler. En 2026, un salarié peut recevoir jusqu'à 3 844,80 € sur son PEE et 7 689,60 € sur son PER collectif, soit 11 534,40 €. Chaque abondement reste limité à trois fois le versement du salarié sur le plan concerné.

Que devient l'abondement en cas de départ de l'entreprise ?

L'abondement déjà versé reste acquis au salarié qui quitte l'entreprise. La rupture du contrat de travail permet de débloquer un PEE par anticipation. Le salarié peut aussi conserver ses avoirs dans le plan ou les transférer vers le plan de son nouvel employeur, en respectant les durées de blocage restantes.

Sources

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Laurence Martinez

À propos de l'auteur

Laurence Martinez

Co-fondatrice Hexa Patrimoine - Conseillère en gestion de patrimoine

Diplômée en ingénierie commerciale, avec 19 ans d'expérience en gestion de patrimoine elle assure le développement et le pilotage de la franchise : structuration du réseau, recrutement et certification Qualiopi.

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