Fiscalité de l'épargne salariale en 2026
Épargne Salariale

Fiscalité épargne salariale : PEE, PER collectif et règles 2026

12 octobre 20246 min de lectureLaurence Martinez
En 2026, l'intéressement et la participation placés sur un PEE ou un PER collectif échappent à l'impôt sur le revenu jusqu'à 36 045 € chacun, mais pas à la CSG ni à la CRDS. À la sortie d'un PEE, seuls les gains supportent 18,6 % de prélèvements sociaux.

La fiscalité de l'épargne salariale repose sur un échange : des sommes bloquées plusieurs années contre une exonération d'impôt sur le revenu. En 2026, l'intéressement et la participation placés sont exonérés jusqu'à 36 045 €, mais la CSG et la CRDS restent dues, et les gains supportent 18,6 % de prélèvements sociaux à la sortie.

Mis à jour le 21/10/2026

L'essentiel

  • Intéressement et participation placés sur un plan d'épargne salariale dans les 15 jours : exonérés d'impôt sur le revenu dans la limite de 36 045 € chacun en 2026 (75 % du plafond de la Sécurité sociale).
  • Primes perçues directement : imposables au barème de l'impôt sur le revenu. La CSG et la CRDS s'appliquent dans les deux cas.
  • Sortie d'un PEE : capital et gains exonérés d'impôt sur le revenu, gains soumis aux prélèvements sociaux de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026.
  • Versements volontaires sur un PER collectif : déductibles jusqu'à 37 680 € en 2026, puis imposés au barème à la sortie en capital.
  • Côté employeur : forfait social de 20 % en principe, non dû sur l'intéressement sous 250 salariés et sur la participation sous 50 salariés.

Depuis le 1er janvier 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé les prélèvements sociaux sur les gains de l'épargne salariale. Cet article détaille la fiscalité épargne salariale 2026 à chaque étape : entrée dans le plan, blocage, sortie et côté entreprise. Un exemple chiffré aide à choisir entre percevoir et placer une prime.

Fiscalité épargne salariale : quels principes en 2026 ?

La fiscalité de l'épargne salariale est l'ensemble des règles d'impôt et de prélèvements sociaux qui s'appliquent aux sommes versées sur un plan d'épargne d'entreprise. Elle distingue l'origine de chaque somme et le moment où elle est taxée : à l'entrée, pendant la vie du plan ou à la sortie.

Quatre dispositifs alimentent l'épargne salariale. L'intéressement et la participation sont des primes liées aux résultats de l'entreprise. L'abondement est un complément de l'employeur aux versements du salarié. Les versements volontaires viennent de l'épargne personnelle du salarié.

Ces sommes rejoignent deux familles de plans. Le plan d'épargne entreprise (PEE) bloque les avoirs au moins 5 ans. Le PER d'entreprise collectif (PERECO) les bloque jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

Le principe général tient en une phrase : l'impôt sur le revenu est épargné, les prélèvements sociaux ne le sont pas. La CSG et la CRDS sont prélevées à l'entrée sur les primes et l'abondement. Les gains supportent ensuite les prélèvements sociaux, au taux global de 18,6 % en 2026 selon la fiche prélèvements sociaux de service-public.gouv.fr, vérifiée le 30/06/2026. La finance pour tous confirme ce taux pour l'épargne salariale.

À retenir : l'épargne salariale exonère d'impôt sur le revenu les sommes placées dans les plafonds, mais la CSG et la CRDS s'appliquent à l'entrée et les prélèvements sociaux sur les gains à la sortie.

Intéressement et participation sont-ils imposables ?

L'intéressement et la participation sont imposables s'ils sont perçus immédiatement, et exonérés d'impôt sur le revenu s'ils sont placés sur un plan d'épargne salariale. Le salarié dispose de 15 jours, après l'information sur son montant, pour faire son choix.

Le plafond d'exonération est fixé aux trois quarts du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Le BOFiP BOI-RSA-ES-10-10, dans sa version du 10/08/2026 (§ 20 et 25), applique ce plafond aux sommes affectées à un PEE, un PEI ou un PER collectif. Pour 2026, la fiche participation de service-public.gouv.fr retient 36 045 €, contre 35 325 € en 2025.

Depuis le 1er janvier 2026, l'intéressement placé sur un PER collectif n'est plus exonéré lorsque le salarié a 70 ans ou plus à la date du placement (loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, art. 9 ; BOFiP précité, § 23). La règle ne vise pas le PEE.

Le plafond s'applique séparément à l'intéressement et à la participation. Un salarié peut donc placer en franchise d'impôt jusqu'à 36 045 € de chaque prime, si l'accord de son entreprise lui attribue de tels montants.

Le silence du salarié a aussi des conséquences. L'intéressement non réclamé est affecté par défaut au PEE (Code du travail, art. L3315-2). Pour la participation, la moitié rejoint le PER collectif s'il existe, et l'autre moitié suit les modalités de l'accord.

Notre comparatif intéressement et participation détaille les formules de calcul et les dates de versement des deux primes.

Quelle fiscalité épargne salariale pour l'abondement et les versements volontaires ?

L'abondement est exonéré d'impôt sur le revenu dans la limite de son plafond, et les versements volontaires sur un PEE ne sont pas déductibles. Seuls les versements volontaires sur un PER collectif ouvrent droit à une déduction du revenu imposable.

Sur un PEE, l'abondement est exonéré d'impôt sur le revenu jusqu'à 3 844,80 € en 2026, selon la fiche PEE de service-public.gouv.fr, vérifiée le 01/01/2026. Ce plafond passe à 6 920,64 € pour un abondement investi en actions de l'entreprise. L'abondement reste soumis à la CSG et à la CRDS. Notre article sur l'abondement de l'épargne salariale détaille ses plafonds et son calcul.

Les versements volontaires sur un PEE sont limités à 25 % de la rémunération annuelle brute. Ils proviennent d'un revenu déjà imposé : ils n'apportent aucune déduction, mais leurs gains profitent de l'exonération d'impôt du plan.

Sur un PER collectif, les versements volontaires effectués avant 70 ans sont déductibles. Le plafond 2026 est égal au plus élevé de deux montants : 10 % des revenus professionnels nets de 2025, dans la limite de 37 680 €, ou 4 710 €. La fiche PER collectif de service-public.gouv.fr, vérifiée le 12/10/2026, précise ces montants.

Somme verséeImpôt sur le revenu à l'entréePrélèvements à l'entrée
Intéressement ou participation placésExonérés jusqu'à 36 045 € chacunCSG et CRDS
Intéressement ou participation perçusImposables au barèmeCSG et CRDS
Abondement sur un PEEExonéré jusqu'à 3 844,80 €CSG et CRDS
Versement volontaire sur un PEENon déductibleAucun
Versement volontaire sur un PER collectifDéductible jusqu'à 37 680 € (ou option non déductible)Aucun

À retenir : sur un PEE, aucun versement n'est déductible ; sur un PER collectif, la déduction des versements volontaires réduit l'impôt aujourd'hui, mais rend le capital imposable à la sortie.

Quels prélèvements sociaux à la sortie d'un PEE ?

À la sortie d'un PEE, les sommes retirées sont exonérées d'impôt sur le revenu, versements comme gains. Seuls les gains supportent les prélèvements sociaux, au taux de 18,6 % en 2026 : 10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité.

Le taux global est passé de 17,2 % à 18,6 % avec la hausse de la CSG votée par la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026. L'assurance vie, le PEL et le CEL restent à 17,2 %, mais l'épargne salariale n'en fait pas partie. La finance pour tous, le portail de l'Institut pour l'éducation financière du public, confirme le taux de 18,6 % pour la sortie d'un PEE dans sa mise à jour du 23/01/2026.

Le teneur de comptes calcule les prélèvements sociaux et les déduit du montant remis au salarié.

Une exception concerne les plans anciens. Les gains acquis avant le 1er janvier 2018 restent taxés aux taux historiques en vigueur lors de leur réalisation, ce qui peut réduire la facture.

Les dividendes et intérêts réinvestis dans le plan restent exonérés d'impôt sur le revenu. S'ils sont perçus au lieu d'être réinvestis, ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, ou au barème sur option.

Comment est imposée la sortie d'un PER collectif ?

La sortie d'un PER collectif est imposée selon l'origine des sommes. Le capital issu de l'intéressement, de la participation et de l'abondement est exonéré d'impôt sur le revenu. Les versements volontaires déduits à l'entrée sont imposés au barème à la sortie en capital.

Origine des sommesCapital à la sortieGains à la sortie
Intéressement, participation, abondementExonéré d'impôt sur le revenuPrélèvements sociaux de 18,6 % (PFU de 31,4 % selon service-public.gouv.fr, voir la réserve)
Versements volontaires déduitsImposé au barème, sans abattement de 10 %PFU de 31,4 % (12,8 % + 18,6 %)
Versements volontaires non déduitsExonéré d'impôt sur le revenuPFU de 31,4 %

Cette lecture appelle une réserve. Pour les gains des sommes d'épargne salariale, service-public.gouv.fr mentionne le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, alors que La finance pour tous indique les seuls prélèvements sociaux. L'attestation du teneur de comptes, au moment du déblocage, précise le traitement retenu sur chaque compartiment.

En sortie en rente viagère, les versements déduits sont imposés comme une pension de retraite, après abattement de 10 %. Les autres sommes suivent le régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est imposable, de 70 % avant 50 ans à 30 % après 69 ans, selon l'âge au premier versement.

Le choix entre déduire ou non ses versements volontaires se raisonne donc sur deux taux marginaux : celui d'aujourd'hui et celui attendu à la retraite. Par exemple, un salarié imposé à 41 % pendant sa vie active et à 11 % à la retraite tirerait un avantage net de la déduction.

Le déblocage anticipé change-t-il la fiscalité de l'épargne salariale ?

Le déblocage anticipé suit en principe la fiscalité de la sortie à l'échéance. Sur un PEE, les sommes débloquées pour un motif légal restent exonérées d'impôt sur le revenu, et seuls les gains supportent les prélèvements sociaux.

Pour un PEE, service-public.gouv.fr liste notamment le mariage ou le Pacs, la naissance d'un troisième enfant, la fin du contrat de travail, la création d'entreprise et l'acquisition de la résidence principale. La demande se fait en principe dans les 6 mois qui suivent l'événement. Elle reste possible à tout moment pour plusieurs motifs, notamment la fin du contrat de travail, le décès, l'invalidité ou le surendettement.

Pour un PER collectif, la liste est plus courte. Elle comprend notamment l'achat de la résidence principale, l'invalidité, le décès du conjoint, la fin des droits au chômage et le surendettement. En cas d'achat de la résidence principale, le capital issu de versements volontaires déduits reste imposable au barème.

Notre article sur le déblocage de l'épargne salariale précise les justificatifs à fournir pour chaque motif.

À retenir : sur un PEE, un déblocage anticipé autorisé par la loi garde l'exonération d'impôt sur le revenu ; un retrait hors des cas légaux est impossible avant l'échéance.

Quelle fiscalité pour l'employeur : forfait social et prime de partage de la valeur ?

Pour l'entreprise, l'épargne salariale est exonérée de cotisations de Sécurité sociale, mais elle supporte en principe le forfait social de 20 %. Les petites entreprises en sont largement dispensées, ce qui rend le dispositif moins coûteux qu'un salaire équivalent.

Selon la page forfait social de l'Urssaf, le forfait social n'est pas dû sur l'intéressement dans les entreprises de moins de 250 salariés. Il n'est pas dû non plus sur la participation et l'abondement des entreprises de moins de 50 salariés non tenues à la participation. Le taux tombe à 16 % pour les sommes affectées à un PER collectif dont la gestion pilotée par défaut comprend au moins 10 % de titres éligibles au PEA-PME, et à 10 % pour l'abondement en actions de l'entreprise.

La prime de partage de la valeur (PPV) suit une logique proche. Selon economie.gouv.fr, page du 02/04/2026, elle est exonérée de cotisations jusqu'à 3 000 € par an, ou 6 000 € dans certaines entreprises. Placée sur un PEE ou un PER collectif, elle est exonérée d'impôt sur le revenu dans les limites prévues.

Un régime transitoire s'applique jusqu'au 31 décembre 2026 dans les entreprises de moins de 50 salariés. La PPV y est exonérée d'impôt sur le revenu pour les salariés payés moins de trois Smic sur les 12 mois précédents. Notre fiche sur la prime de partage de la valeur détaille ces conditions.

Faut-il placer ou percevoir sa prime ? Exemple chiffré

Placer une prime d'intéressement ou de participation fait économiser l'impôt sur le revenu, au prix d'un blocage de 5 ans sur un PEE ou jusqu'à la retraite sur un PER collectif. L'écart dépend du taux marginal d'imposition du salarié.

Exemple illustratif, calculé avec les règles 2026 citées plus haut : un salarié imposé dans la tranche à 30 % reçoit 4 000 € d'intéressement. La CSG et la CRDS sont prélevées de la même façon dans les deux options.

OptionImpôt sur le revenuPrélèvements sociaux sur les gainsDisponibilité
Prime perçueEnviron 1 120 € (30 % de la prime après déduction de la CSG déductible, avant abattement éventuel de 10 % pour frais professionnels)AucunImmédiate
Prime placée sur le PEE, avec 600 € de gains hypothétiques après 5 ans0 €111,60 € (18,6 % de 600 €)Après 5 ans, ou cas de déblocage anticipé

Dans cette hypothèse, le placement évite environ 1 000 à 1 120 € d'impôt sur le revenu. Les 600 € de gains hypothétiques supportent 111,60 € de prélèvements sociaux. Ce gain n'est qu'une hypothèse de calcul : les fonds du plan ne sont pas garantis et comportent un risque de perte en capital.

Pour autant, le placement n'est pas toujours le bon choix. Un salarié non imposable n'économise rien en plaçant sa prime et immobilise une épargne dont il peut avoir besoin. Un salarié qui place tout dans des actions de son employeur concentre son emploi et son épargne sur la même entreprise.

Ce choix se pose chaque année au moment du versement des primes. Le guide complet de l'épargne salariale aide à répartir ses avoirs entre les fonds proposés.

Questions fréquentes

L'épargne salariale est-elle imposable ?

L'épargne salariale est exonérée d'impôt sur le revenu lorsque les primes sont placées sur un plan d'épargne dans les plafonds légaux, soit 36 045 € chacune pour l'intéressement et la participation en 2026. Elle n'échappe pas aux prélèvements sociaux : CSG et CRDS à l'entrée, puis 18,6 % sur les gains à la sortie d'un PEE.

Faut-il déclarer son intéressement placé sur un PEE ?

L'intéressement placé sur un PEE dans la limite du plafond n'a pas à être ajouté au revenu imposable. Le montant de salaires prérempli ne doit pas l'inclure. L'intéressement perçu directement fait au contraire partie du salaire imposable. En cas de doute, l'attestation annuelle de l'employeur indique la part placée et la part versée.

Quel est le taux des prélèvements sociaux sur un PEE en 2026 ?

Le taux des prélèvements sociaux sur les gains d'un PEE est de 18,6 % en 2026 : 10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité. Il était de 17,2 % auparavant. Les gains acquis avant le 1er janvier 2018 restent taxés aux taux historiques de leur période d'acquisition.

Le déblocage anticipé d'un PEE est-il imposable ?

Le déblocage anticipé d'un PEE pour un motif légal, comme l'achat de la résidence principale ou la fin du contrat de travail, reste exonéré d'impôt sur le revenu. Seuls les gains réalisés depuis le versement supportent les prélèvements sociaux de 18,6 %. Le teneur de comptes les prélève directement sur le montant débloqué.

Les versements volontaires sur un PEE sont-ils déductibles ?

Les versements volontaires sur un PEE ne sont pas déductibles du revenu imposable, contrairement à ceux effectués sur un PER collectif. Leurs gains bénéficient en revanche de l'exonération d'impôt sur le revenu à la sortie, avec les seuls prélèvements sociaux. Ces versements sont limités à 25 % de la rémunération annuelle brute du salarié.

Sources

Vous hésitez entre percevoir votre prime, la placer sur un PEE ou la loger sur un PER collectif ? Un conseiller Hexa Patrimoine peut en parler avec vous lors d'un bilan patrimonial, confidentiel et sans engagement.

Laurence Martinez

À propos de l'auteur

Laurence Martinez

Co-fondatrice Hexa Patrimoine - Conseillère en gestion de patrimoine

Diplômée en ingénierie commerciale, avec 19 ans d'expérience en gestion de patrimoine elle assure le développement et le pilotage de la franchise : structuration du réseau, recrutement et certification Qualiopi.

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