L'épargne salariale regroupe les dispositifs qui associent les salariés aux résultats de leur entreprise : intéressement, participation, plan d'épargne entreprise (PEE) et PER collectif. Les primes placées sur un plan échappent à l'impôt sur le revenu, dans la limite de 36 045 € par an en 2026. En contrepartie, l'épargne est bloquée 5 ans ou jusqu'à la retraite.
Mis à jour le 16/10/2026
L'essentiel
- L'intéressement et la participation sont plafonnés à 36 045 € par salarié en 2026, soit 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 €).
- La participation est obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 salariés pendant 5 années consécutives ; l'intéressement reste facultatif.
- L'abondement de l'employeur atteint au plus 3 844,80 € sur un PEE et 7 690 € sur un PER collectif en 2026.
- Les gains réalisés dans un plan d'épargne salariale supportent 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026.
- Selon le Cercle de l'Épargne, les salariés bénéficiaires ont reçu en moyenne 3 113 € brut au titre de l'épargne salariale en 2024.
L'épargne salariale représente souvent un complément de rémunération important, mais ses règles changent presque chaque année : plafonds indexés, loi sur le partage de la valeur, hausse des prélèvements sociaux. En octobre 2026, ce guide de l'épargne salariale vous donne les montants en vigueur, le fonctionnement de chaque dispositif, sa fiscalité et les choix à faire à chaque versement de prime.
Qu'est-ce que l'épargne salariale ?
L'épargne salariale est un système d'épargne collectif mis en place par l'entreprise, qui permet aux salariés de recevoir une part des résultats et de la placer avec un avantage fiscal. Ses règles figurent dans le Code du travail, aux articles L3311-1 et suivants.
Elle repose sur deux étages. Le premier distribue des sommes : l'intéressement, la participation et, depuis 2022, la prime de partage de la valeur. Le second les fait fructifier : le PEE, à moyen terme, et le PER d'entreprise collectif, pour la retraite. L'employeur peut compléter les versements du salarié par un abondement.
Le dispositif concerne un salarié du privé sur deux. Selon les données 2024 compilées par le Cercle de l'Épargne en juillet 2026, 54 % des salariés du secteur privé non agricole étaient couverts par au moins un dispositif en 2024. Notre page sur l'épargne salariale en présente les grands principes.
À retenir : l'épargne salariale combine des primes liées aux résultats et des plans d'épargne bloqués qui les exonèrent d'impôt sur le revenu.
Quels sont les dispositifs de l'épargne salariale en 2026 ?
Les dispositifs d'épargne salariale sont au nombre de cinq, chacun avec un rôle et un plafond propres. Le tableau ci-dessous reprend les montants 2026 publiés par Service-Public, calculés à partir du plafond annuel de la Sécurité sociale fixé à 48 060 € par l'arrêté du 22 décembre 2025.
| Dispositif | Caractère | Plafond 2026 | Disponibilité |
|---|---|---|---|
| Intéressement | Facultatif | 36 045 € par salarié ; 20 % de la masse salariale | Immédiate ou placée sur un plan |
| Participation | Obligatoire dès 50 salariés pendant 5 ans | 36 045 € par salarié | Immédiate ou placée sur un plan |
| Plan d'épargne entreprise (PEE) | Facultatif, obligatoire avec un accord de participation | Versements volontaires : 25 % de la rémunération annuelle brute ; abondement : 3 844,80 € | Bloqué 5 ans, sauf déblocage anticipé |
| PER d'entreprise collectif | Facultatif | Abondement : 7 690 € | Bloqué jusqu'à la retraite, sauf cas anticipés |
| Prime de partage de la valeur | Facultative | Exonération sociale jusqu'à 3 000 €, ou 6 000 € avec intéressement ou participation | Immédiate ou placée sur un plan |
Le PER d'entreprise collectif remplace le Perco depuis la loi Pacte de 2019 ; les Perco existants continuent de fonctionner. La prime de partage de la valeur fait l'objet d'un article dédié, qui détaille ses conditions.
Intéressement et participation : comment l'épargne salariale est-elle calculée ?
L'intéressement est une prime facultative, calculée selon une formule propre à l'entreprise et liée à ses résultats ou à ses performances. L'accord dure de 1 à 5 ans, d'après la fiche Service-Public sur l'intéressement. La prime doit être versée au plus tard le dernier jour du cinquième mois qui suit la clôture de l'exercice.
La participation redistribue une part du bénéfice selon une formule légale. La réserve spéciale de participation se calcule ainsi : ½ × (bénéfice net − 5 % des capitaux propres) × (salaires ÷ valeur ajoutée). Un accord peut prévoir une formule plus favorable. La répartition entre salariés peut être uniforme, proportionnelle au salaire ou au temps de présence.
Le salarié dispose de 15 jours, après avoir été informé du montant, pour demander un versement immédiat. Sans réponse, l'intéressement va sur le PEE. Pour la participation, la moitié rejoint le PER collectif s'il existe, le reste suit l'accord, selon la fiche Service-Public sur la participation.
Les chiffres de 2024 montrent le poids de ces primes. D'après le Cercle de l'Épargne, 5,8 millions de salariés ont reçu 11,4 Md€ de participation et 5,6 millions ont perçu 11,9 Md€ d'intéressement. Notre comparatif intéressement et participation détaille les différences entre les deux primes.
PEE et PER collectif : où placer son épargne salariale ?
Le plan d'épargne entreprise est le plan d'épargne salariale de moyen terme : les sommes y restent bloquées au moins 5 ans. Il doit être ouvert à tous les salariés, avec une condition d'ancienneté de 3 mois au plus. Dans les entreprises de moins de 250 salariés, le dirigeant peut aussi y adhérer.
Le PER d'entreprise collectif prépare la retraite. Les sommes sont disponibles au départ à la retraite, en capital, en rente ou de façon combinée. Sept cas permettent un déblocage anticipé, dont l'achat de la résidence principale et l'invalidité, selon la fiche Service-Public sur le PER collectif.
| Critère | PEE | PER d'entreprise collectif |
|---|---|---|
| Horizon | 5 ans minimum | Retraite |
| Abondement maximal 2026 | 3 844,80 € (6 920,64 € en actions de l'entreprise) | 7 690 € |
| Cas de déblocage anticipé | Mariage, troisième enfant, divorce, résidence principale, perte d'emploi, etc. | 7 cas, dont résidence principale et fin des droits au chômage |
| Sortie | Capital | Capital, rente ou les deux |
L'abondement ne peut en principe dépasser trois fois le versement du salarié. Exemple illustratif, calculé avec les plafonds 2026 : un salarié verse 1 000 € sur son PEE et son employeur abonde à 300 %. L'entreprise ajoute 3 000 €, soit 4 000 € investis. Pour atteindre le plafond de 3 844,80 €, il aurait fallu verser 1 281,60 €.
Ces règles sont précisées dans notre article sur l'abondement de l'épargne salariale. Le PEE doit aussi proposer un fonds solidaire, souvent labellisé : notre comparatif des labels ESG officiels aide à les lire. Lorsque le PEE propose des actions de l'entreprise, notre guide de l'actionnariat salarié détaille la décote et l'abondement majoré.
À retenir : le PEE vise un horizon de 5 ans, le PER collectif la retraite ; l'abondement est plafonné à trois fois le versement du salarié.
Quelle fiscalité pour l'épargne salariale en 2026 ?
La fiscalité de l'épargne salariale repose sur un principe simple : une prime placée sur un plan dans les 15 jours échappe à l'impôt sur le revenu, une prime perçue immédiatement est imposable. Dans les deux cas, la CSG et la CRDS restent dues sur les primes et l'abondement.
À la sortie, les gains réalisés dans le plan sont exonérés d'impôt sur le revenu mais soumis aux prélèvements sociaux. Leur taux est passé à 18,6 % au 1er janvier 2026, avec la hausse de la CSG votée par la loi de financement de la Sécurité sociale du 30 décembre 2025, selon Actu-Juridique. Service-Public confirme ce taux de 18,6 % pour le PER collectif.
Exemple illustratif : après 5 ans, un PEE alimenté de 4 000 € vaut 4 800 €. Le gain de 800 € est exonéré d'impôt sur le revenu, mais supporte 148,80 € de prélèvements sociaux au taux de 2026. Ce gain n'est pas garanti : les fonds investis en actions présentent un risque de perte en capital.
Pour l'employeur, les sommes échappent aux cotisations sociales, mais le forfait social de 20 % s'applique, selon l'Urssaf. Les entreprises de moins de 250 salariés en sont exonérées sur l'intéressement, celles de moins de 50 sur la participation et l'abondement. Notre article sur la fiscalité de l'épargne salariale détaille ces règles.
Épargne salariale : quelles obligations pour l'entreprise ?
Les obligations de l'entreprise en matière d'épargne salariale dépendent de son effectif. Au-delà de la participation obligatoire dès 50 salariés, la loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur a étendu le dispositif aux plus petites structures.
Depuis les exercices ouverts au 1er janvier 2025, la règle vise les entreprises de 11 à 49 salariés dont le bénéfice net fiscal atteint au moins 1 % du chiffre d'affaires pendant 3 exercices consécutifs. Elles doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur et choisissent entre participation, intéressement, abondement d'un plan ou prime de partage de la valeur, selon Service-Public Entreprendre et la fiche sur la participation. Notre article sur la loi partage de la valeur détaille le calendrier.
Les accords d'intéressement, de participation et de plan d'épargne se déposent sur la plateforme TéléAccords du ministère du Travail. Cette étape conditionne les exonérations sociales et fiscales.
Comment gérer son épargne salariale au fil du temps ?
La gestion de l'épargne salariale consiste à choisir les fonds du plan selon son horizon, puis à ajuster ce choix quand un projet approche. Les plans proposent en général des fonds monétaires, obligataires, diversifiés, actions et solidaires, ainsi qu'une gestion pilotée sur le PER collectif.
Il faut le dire franchement : l'épargne salariale n'est pas garantie. Seuls les fonds monétaires limitent fortement les variations ; les fonds actions comportent un risque de perte en capital. Un fonds investi en actions de votre propre employeur concentre en plus votre risque d'emploi et votre risque d'épargne sur la même entreprise.
Trois réflexes aident à piloter votre épargne :
- vérifier chaque année la répartition entre fonds et la date de disponibilité de chaque versement ;
- placer l'intéressement plutôt que le percevoir lorsque l'abondement de l'employeur est attractif ;
- anticiper les projets : notre article sur le déblocage de l'épargne salariale recense les cas qui libèrent un PEE avant 5 ans.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'épargne salariale en résumé ?
L'épargne salariale regroupe les primes liées aux résultats de l'entreprise, intéressement et participation, et les plans qui permettent de les placer, PEE et PER collectif. Les primes placées sur un plan dans les 15 jours sont exonérées d'impôt sur le revenu, en échange d'un blocage de 5 ans ou jusqu'à la retraite.
Quelle est la différence entre intéressement et participation ?
L'intéressement est facultatif et suit une formule négociée, liée aux résultats ou à des objectifs de performance. La participation est obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 salariés pendant 5 ans consécutifs et suit une formule légale fondée sur le bénéfice. Les deux primes partagent le même plafond individuel de 36 045 € en 2026.
Combien peut-on verser sur un PEE ?
Les versements volontaires sur un PEE sont limités à 25 % de la rémunération annuelle brute. Les primes d'intéressement et de participation s'ajoutent hors de ce plafond. L'abondement de l'employeur ne peut dépasser ni trois fois le versement du salarié, ni 3 844,80 € en 2026, ou 6 920,64 € en actions de l'entreprise.
L'épargne salariale est-elle imposable ?
Une prime placée sur un PEE ou un PER collectif dans les 15 jours est exonérée d'impôt sur le revenu, dans la limite de 36 045 € en 2026. La CSG et la CRDS restent dues. Les gains réalisés dans le plan supportent ensuite 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026, sans impôt sur le revenu.
Que devient l'épargne salariale quand on quitte son entreprise ?
Les sommes restent acquises au salarié qui quitte l'entreprise. La rupture du contrat de travail est d'ailleurs un cas de déblocage anticipé du PEE. Le salarié peut aussi conserver son épargne dans le plan ou la transférer vers le plan de son nouvel employeur, en respectant les durées de blocage restantes.
Sources
- Plan d'épargne entreprise (PEE), Service-Public, vérifié le 01/01/2026, consulté le 16/10/2026.
- Intéressement, Service-Public, vérifié le 01/01/2026, consulté le 16/10/2026.
- Participation, Service-Public, vérifié le 11/06/2026, consulté le 16/10/2026.
- PER d'entreprise collectif, Service-Public, vérifié le 12/10/2026, consulté le 16/10/2026.
- Plafond annuel de la Sécurité sociale 2026, Service-Public, arrêté du 22/12/2025, consulté le 16/10/2026.
- Le forfait social, Urssaf, consulté le 16/10/2026.
- La prime de partage de la valeur, Urssaf, consulté le 16/10/2026.
- Partage de la valeur : quelles obligations ?, Service-Public Entreprendre, mars 2025, toujours valide en 2026, consulté le 16/10/2026.
- La CSG en hausse sur les revenus du capital, Actu-Juridique, LFSS 2026 n° 2025-1403, consulté le 16/10/2026.
- Note sur l'épargne salariale, Cercle de l'Épargne, données 2024, juillet 2026, consultée le 16/10/2026.
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