L'abattement de 40 % sur les dividendes exclut 40 % du dividende brut de l'impôt sur le revenu lorsque le foyer opte pour le barème progressif. Il existe parce que le bénéfice distribué a déjà supporté l'impôt sur les sociétés. En 2026, il reste avantageux pour les foyers non imposables ou imposés à 11 %.
Mis à jour le 13/10/2026
L'essentiel
- L'abattement de 40 % s'applique uniquement sur option globale pour le barème progressif (case 2OP) ; au PFU, le dividende est taxé sur son montant brut.
- Les prélèvements sociaux, portés à 18,6 % au 1er janvier 2026, restent calculés sur le dividende brut.
- Au barème, 6,8 % de CSG devient déductible du revenu global.
- Un acompte de 12,8 % est prélevé à la source. Une dispense est possible sous 50 000 € de revenu fiscal de référence (personne seule) ou 75 000 € (couple soumis à imposition commune).
- Le barème est plus favorable jusqu'à la tranche à 11 % ; le PFU l'emporte à partir de 30 %.
Pourquoi un abattement de 40 % sur les dividendes ?
L'abattement de 40 % sur les dividendes corrige une double imposition économique. Le dividende est prélevé sur un bénéfice déjà taxé à l'impôt sur les sociétés (IS) ; sans correction, ce même bénéfice serait imposé une seconde fois au barème, entre les mains de l'associé.
Un dividende est la part du bénéfice d'une société distribuée à ses associés, sur décision de l'assemblée générale. L'abattement figure à l'article 158, 3, 2° du Code général des impôts (CGI). Il réduit de 40 % la base soumise à l'impôt sur le revenu, sans toucher aux prélèvements sociaux.
Le taux normal de l'IS est de 25 %, avec un taux réduit de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice pour certaines PME, selon entreprendre.service-public.gouv.fr. Sur 100 € de bénéfice imposé à 25 %, la société peut distribuer au plus 75 €. L'abattement tient compte de cette imposition antérieure au niveau de la société.
Depuis 2018, cette logique ne joue plus par défaut. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) taxe le dividende brut à un taux fixe et ignore l'abattement. Celui-ci ne revit que si le contribuable choisit le barème.
Comment fonctionne l'abattement de 40 % sur les dividendes au barème ?
L'administration applique l'abattement automatiquement sur les montants déclarés en case 2DC, dès lors que la case 2OP est cochée. Le foyer déclare le dividende brut ; seuls 60 % entrent dans le revenu imposable.
L'ordre de calcul est fixé par la doctrine (BOFiP, BOI-RPPM-RCM-20-10-20-10) :
- Dividende brut perçu, déclaré en case 2DC.
- Abattement de 40 % sur ce montant brut.
- Déduction des frais de garde et d'encaissement non retenus par la banque, déclarés en case 2CA, après l'abattement.
- Intégration du solde au revenu global, imposé au barème progressif.
L'option pour le barème est globale : elle vaut pour tous les revenus de capitaux mobiliers et toutes les plus-values de valeurs mobilières de l'année. Cocher 2OP pour profiter de l'abattement peut donc alourdir l'impôt sur une plus-value de cession d'actions. Pour les revenus 2026 et suivants, il est possible d'y renoncer si elle se révèle défavorable, dans le délai de réclamation ou lors d'un contrôle, selon service-public.gouv.fr.
Quelles sont les conditions de l'abattement de 40 % sur les dividendes ?
Trois conditions cumulatives ouvrent droit à l'abattement : un bénéficiaire personne physique, une société distributrice soumise à l'IS, et une distribution régulière. La brochure pratique 2026 de l'impôt sur le revenu en précise le périmètre.
Côté bénéficiaire, l'abattement concerne les personnes physiques qui déclarent les dividendes dans leur revenu imposable en France. Une société qui reçoit des dividendes, comme une holding, relève d'autres règles, notamment le régime mère-fille.
Côté société distributrice, celle-ci doit être passible de l'IS ou d'un impôt équivalent. Son siège doit se situer en France, dans l'Union européenne ou dans un État lié à la France par une convention fiscale comportant une clause d'assistance administrative.
| Revenu perçu | Abattement de 40 % | Case de déclaration |
|---|---|---|
| Dividendes de sociétés françaises soumises à l'IS (compte-titres) | Oui, sur option barème | 2DC |
| Dividendes de sociétés de l'UE ou d'un État conventionné | Oui, sur option barème | 2DC |
| Distributions de SIIC ou de SPPICAV prélevées sur des bénéfices exonérés | Non | 2TS |
| Dividendes de sociétés d'un État sans convention d'assistance administrative | Non | 2TS |
| Dividendes perçus dans un PEA | Sans objet, en principe non déclarés | Aucune (sauf cas particuliers) |
| Rémunérations des administrateurs (ex-jetons de présence) | Non | 2TS |
PFU à 31,4 % ou barème : quand l'abattement est-il rentable ?
Le barème avec abattement est plus favorable pour un foyer non imposable ou imposé à 11 % ; le PFU l'emporte à partir de la tranche à 30 %, indique service-public.gouv.fr. La hausse des prélèvements sociaux en 2026 touche les deux régimes à l'identique ; détails dans notre article sur la CSG 2026.
Au PFU, l'impôt sur le revenu représente 12,8 % du dividende brut. Au barème, il représente 60 % du dividende multiplié par la tranche marginale : 6,6 % du brut à 11 %, 18 % à 30 %. Le seuil de bascule se situe donc entre ces deux tranches.
La CSG déductible ajoute un avantage au barème. Selon impots.gouv.fr, 6,8 % des revenus de capitaux mobiliers imposés au barème viennent en déduction du revenu global de l'année de paiement de la CSG. Au PFU, cette déduction n'existe pas.
| Taux en 2026 | PFU | Barème avec abattement |
|---|---|---|
| Base de l'impôt sur le revenu | 100 % du brut | 60 % du brut, après frais |
| Impôt sur le revenu | 12,8 % | Tranche marginale × 60 % |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % du brut | 18,6 % du brut |
| CSG déductible | Non | 6,8 % du brut |
| Frais déductibles (case 2CA) | Non | Oui |
Notre comparatif PFU ou barème progressif reprend ce raisonnement pour les plus-values.
Exemple chiffré : imposition des dividendes avec et sans abattement
L'exemple suivant est construit pour illustrer les règles ; il ne décrit pas une situation réelle. Un foyer perçoit en 2026 un dividende brut de 10 000 € d'une société française soumise à l'IS, sur un compte-titres. On suppose que le dividende reste dans une seule tranche du barème.
| Poste | PFU | Barème, tranche à 11 % | Barème, tranche à 30 % |
|---|---|---|---|
| Base imposable à l'impôt sur le revenu | 10 000 € | 6 000 € | 6 000 € |
| Impôt sur le revenu | 1 280 € | 660 € | 1 800 € |
| Prélèvements sociaux (18,6 %) | 1 860 € | 1 860 € | 1 860 € |
| Total avant CSG déductible | 3 140 € | 2 520 € | 3 660 € |
| Économie liée à la CSG déductible (680 € × tranche) | 0 € | 74,80 € | 204 € |
| Coût fiscal net | 3 140 € | 2 445,20 € | 3 456 € |
À 11 %, l'abattement fait économiser près de 695 € par rapport au PFU. À 30 %, le barème coûte environ 316 € de plus. Pour un foyer non imposable, l'impôt sur le revenu est nul : l'acompte de 1 280 € prélevé par la banque est restitué après la déclaration.
Comment déclarer les dividendes pour bénéficier de l'abattement ?
La banque prélève 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux au versement du dividende. L'acompte de 12,8 % est ensuite imputé sur l'impôt définitif, ou remboursé s'il est supérieur. La déclaration de l'année suivante règle l'impôt réel.
- Case 2DC : dividendes bruts éligibles à l'abattement, généralement préremplis à partir de l'IFU.
- Case 2CK : acompte de 12,8 % déjà prélevé, qui ouvre droit à un crédit d'impôt.
- Case 2OP : option pour le barème. Elle est précochée si elle a été choisie l'année précédente.
- Case 2CA : frais déductibles au barème, imputés après l'abattement.
- Case 2BH : revenus déjà soumis aux prélèvements sociaux ouvrant droit à la CSG déductible, généralement préremplie et prise en compte uniquement en cas d'option pour le barème.
Un foyer modeste peut éviter l'avance d'impôt ; les prélèvements sociaux restent prélevés à la source. La dispense de l'acompte vise un revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année inférieur à 50 000 € pour une personne seule et 75 000 € pour un couple soumis à imposition commune. La demande se fait auprès de la banque au plus tard le 30 novembre de l'année précédente, pour les dividendes de l'année suivante (impots.gouv.fr).
Abattement de 40 % sur les dividendes : quelles stratégies pour un dirigeant ?
Pour un dirigeant associé, l'abattement de 40 % sur les dividendes n'est qu'un paramètre de l'arbitrage entre rémunération et distribution. La tranche marginale du foyer, le niveau des bénéfices et les projets de cession pèsent davantage.
Trois pistes sont souvent étudiées par les dirigeants associés :
- Lisser les distributions sur plusieurs années, pour maintenir les dividendes dans une tranche basse lorsque les revenus du foyer le permettent.
- Distribuer à une holding plutôt qu'en direct. Grâce au régime mère-fille, réservé aux participations d'au moins 5 % conservées deux ans, la holding n'est imposée que sur une quote-part de 5 % ; l'imposition personnelle n'intervient qu'à la distribution finale. Notre article sur la holding patrimoniale détaille ce schéma.
- Utiliser le PEA pour des actions cotées : les dividendes y sont capitalisés, puis exonérés d'impôt sur le revenu lors d'un retrait après 5 ans ; les prélèvements sociaux restent dus sur le gain.
La limite de ces stratégies tient à leur coût et à leur rigidité. Une holding entraîne des frais de structure et un suivi juridique ; un PEA est plafonné. Investir en actions comporte aussi un risque de perte en capital. Le choix se fait au cas par cas.
Questions fréquentes
Pourquoi existe-t-il un abattement de 40 % sur les dividendes ?
Le dividende provient d'un bénéfice déjà soumis à l'impôt sur les sociétés, au taux normal de 25 %. L'abattement de 40 %, prévu à l'article 158 du CGI, atténue cette double imposition lorsque le dividende est imposé au barème progressif. Au prélèvement forfaitaire unique, il ne s'applique pas.
L'abattement de 40 % s'applique-t-il avec la flat tax ?
L'abattement de 40 % ne s'applique pas avec la flat tax. Au prélèvement forfaitaire unique, le dividende brut est taxé à 12,8 % d'impôt sur le revenu, plus 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026. Pour profiter de l'abattement, il faut cocher la case 2OP et opter pour le barème sur l'ensemble des revenus mobiliers.
Les prélèvements sociaux bénéficient-ils de l'abattement de 40 % ?
Les prélèvements sociaux restent calculés sur le dividende brut, quel que soit le régime choisi. Depuis le 1er janvier 2026, leur taux atteint 18,6 % sur les dividendes. En contrepartie, au barème, 6,8 % de CSG est déductible du revenu global de l'année de son paiement.
Comment calculer l'impôt sur un dividende avec l'abattement de 40 % ?
On multiplie le dividende brut par 60 %, on retire les frais déductibles, puis on applique la tranche marginale du foyer. Pour 10 000 € de dividendes et une tranche à 11 %, l'impôt sur le revenu atteint 660 €. S'y ajoutent 1 860 € de prélèvements sociaux, soit 2 520 € avant l'effet de la CSG déductible.
Les dividendes étrangers ouvrent-ils droit à l'abattement de 40 % ?
Les dividendes d'une société étrangère ouvrent droit à l'abattement si celle-ci est passible d'un impôt équivalent à l'IS. Son siège doit se situer dans l'Union européenne ou dans un État lié à la France par une convention fiscale avec clause d'assistance administrative. Les autres se déclarent en case 2TS, sans abattement.
Sources
- Impôt sur le revenu : revenus d'épargne et de placement, service-public.gouv.fr, page vérifiée le 15/04/2026, consultée le 13/10/2026.
- Les revenus mobiliers, impots.gouv.fr, mise à jour du 08/04/2026, consultée le 13/10/2026.
- Brochure pratique 2026 : revenus de capitaux mobiliers, impots.gouv.fr, consultée le 13/10/2026.
- BOI-RPPM-RCM-20-10-20-10 : produits des actions et parts sociales, BOFiP-Impôts, version en vigueur depuis le 21/06/2021, consultée le 13/10/2026.
- Impôt sur les sociétés, entreprendre.service-public.gouv.fr, consultée le 13/10/2026.
- Code général des impôts, article 158, 3, 2°, sur Légifrance.
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