CEHR 2026, contribution exceptionnelle sur les hauts revenus
Fiscalité & Impôts

CEHR 2026 : taux, seuils, calcul, lissage et CDHR

8 novembre 20246 min de lectureLaurence Martinez
La CEHR frappe le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple), à 3 % puis 4 %. Un lissage existe pour les revenus exceptionnels, et la CDHR la complète depuis 2025.

La CEHR s'ajoute à l'impôt sur le revenu des foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple. Son taux est de 3 % puis de 4 % au-delà, et un mécanisme de lissage atténue la taxation d'un revenu exceptionnel.

Mis à jour le 20/10/2026

L'essentiel

  • Seuils de la CEHR : 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule, 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune, sans prise en compte des enfants.
  • Taux : 3 % sur la fraction comprise entre 250 000 € et 500 000 € (500 000 € et 1 M€ pour un couple), 4 % au-delà (CGI, art. 223 sexies).
  • Le lissage s'applique si le revenu de l'année atteint au moins 1,5 fois la moyenne des deux années précédentes, restées sous le seuil.
  • Depuis 2025, la CDHR complète la CEHR pour garantir une imposition minimale de 20 % ; son acompte 2026 se paie du 1er au 15 décembre 2026.
  • Le projet de loi de finances pour 2027 ne modifie pas la CEHR dans sa version initiale, déposée le 1er octobre 2026.

En octobre 2026, la question d'une hausse de la CEHR revient avec l'examen du budget 2027 au Parlement. Cet article vous donne les règles de la CEHR en vigueur, trois calculs pas à pas, le fonctionnement du lissage et l'articulation avec la CDHR, pour savoir précisément ce que vous devez et quand.

CEHR : définition de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) est un impôt additionnel à l'impôt sur le revenu, codifié à l'article 223 sexies du Code général des impôts. Elle s'applique au revenu fiscal de référence du foyer, au-delà de seuils fixes, avec deux taux de 3 % et 4 %.

Créée à titre temporaire par la loi de finances pour 2012, sur les revenus de 2011, la CEHR n'a jamais été supprimée. Elle se distingue de l'impôt sur le revenu sur trois points. Elle ignore le quotient familial, elle porte sur le revenu fiscal de référence et non sur le revenu imposable, et elle frappe aussi les revenus soumis à un taux forfaitaire, comme les dividendes au prélèvement forfaitaire unique.

Les redevables sont les foyers passibles de l'impôt sur le revenu dont le revenu dépasse les seuils. Les résidents fiscaux de France sont imposés sur leurs revenus de source française et étrangère, les non-résidents sur leurs seuls revenus de source française, selon le BOFiP BOI-IR-CHR. Une convention fiscale qui exonère un revenu d'impôt sur le revenu l'exonère aussi de CEHR.

À retenir : la CEHR est un impôt de 3 % à 4 % sur le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple), sans effet du nombre d'enfants.

Quels sont les seuils et le barème de la CEHR en 2026 ?

Le barème de la CEHR compte deux taux, appliqués par tranche comme l'impôt sur le revenu. Il est identique pour les revenus 2025, déclarés au printemps 2026, et pour les revenus 2026, selon la fiche CEHR de service-public.gouv.fr vérifiée le 15/04/2026.

Fraction du revenu fiscal de référencePersonne seuleCouple (imposition commune)
Jusqu'à 250 000 €0 %0 %
De 250 001 € à 500 000 €3 %0 %
De 500 001 € à 1 000 000 €4 %3 %
Plus de 1 000 000 €4 %4 %

Les seuils ne varient pas avec la composition du foyer. Un couple avec trois enfants et un couple sans enfant entrent dans la CEHR au même niveau de revenu, à 500 000 €.

La situation à retenir est celle de l'imposition. L'année d'un mariage ou d'un Pacs avec imposition commune, la CEHR se calcule sur le revenu du couple. L'année du décès d'un conjoint, deux contributions distinctes sont établies : l'une sur le revenu du couple avant le décès, l'autre sur celui du survivant.

Comment se calcule la CEHR ? Exemples chiffrés

La CEHR se calcule en appliquant chaque taux à la tranche de revenu fiscal de référence qui lui correspond, puis en additionnant les montants. Le résultat est arrondi à l'euro le plus proche et figure sur l'avis d'impôt sur le revenu.

Les trois exemples suivants sont illustratifs. Les deux premiers reprennent les calculs publiés par service-public.gouv.fr, le troisième celui du BOFiP ; ils ne décrivent pas des situations réelles.

SituationCalculCEHR due
Personne seule, revenu de 400 000 €(400 000 − 250 000) × 3 %4 500 €
Personne seule, revenu de 550 000 €250 000 × 3 % + 50 000 × 4 %9 500 €
Couple, revenu de 1 200 000 €500 000 × 3 % + 200 000 × 4 %23 000 €

Le taux moyen reste modéré : la CEHR représente 1,1 % du revenu de la personne seule à 400 000 €, et 1,9 % de celui du couple à 1,2 M€. Elle s'ajoute toutefois à une imposition déjà élevée sur cette tranche de revenus.

À retenir : un célibataire à 400 000 € de revenu fiscal de référence doit 4 500 € de CEHR ; un couple à 1,2 M€ doit 23 000 €.

Quels revenus entrent dans la CEHR ?

Le revenu fiscal de référence (RFR) sert d'assiette à la CEHR. Défini à l'article 1417 IV du CGI, il part du revenu net imposable puis réintègre certains revenus exonérés, abattements et revenus soumis à prélèvement libératoire.

Entrent ainsi dans la CEHR :

  • les salaires, pensions et bénéfices professionnels, pour leur montant net imposable ;
  • les dividendes et intérêts, y compris lorsqu'ils sont imposés au prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % en 2026 selon service-public.gouv.fr ;
  • les plus-values mobilières et immobilières imposables, y compris celles réalisées lors de la cession d'une entreprise ;
  • les revenus exonérés ou abattements expressément visés par l'article 1417 IV.

Ce point surprend souvent les dirigeants. Une plus-value de cession de titres, même imposée au taux forfaitaire, gonfle le RFR de l'année et peut faire basculer un foyer dans la CEHR. Notre guide sur l'imposition des plus-values sur actions détaille le régime applicable à ces gains.

À l'inverse, les revenus exonérés que l'article 1417 IV ne mentionne pas restent hors de l'assiette. Pour un revenu imposé selon le système du quotient de l'impôt sur le revenu, le RFR retient le montant total, avant division.

Comment fonctionne le lissage de la CEHR ?

Le lissage de la CEHR, ou mécanisme de quotient, réduit la contribution due sur un revenu exceptionnel. Il répartit fictivement l'excédent de revenu, ce qui limite l'application du taux de 4 %.

Trois conditions cumulatives s'appliquent, selon le BOFiP BOI-IR-CHR :

  1. Le RFR de chacune des deux années précédentes est inférieur ou égal au seuil (250 000 € ou 500 000 €).
  2. Le RFR de l'année est au moins égal à 1,5 fois la moyenne des RFR des deux années précédentes.
  3. Le foyer a été imposable en France pour plus de la moitié de ses revenus au cours de ces deux années.

Le calcul suit trois étapes. La moyenne des deux années précédentes forme le revenu ordinaire. La moitié de l'excédent s'y ajoute pour former une base. La CEHR calculée sur cette base est ensuite multipliée par deux.

Exemple illustratif, calculé avec le barème en vigueur : une personne seule cède sa société et déclare un RFR de 1 500 000 €. Ses RFR des deux années précédentes étaient de 150 000 € et 130 000 €.

ÉtapeMontant
Revenu ordinaire (moyenne des deux années)140 000 €
Base : 140 000 + (1 500 000 − 140 000) ÷ 2820 000 €
CEHR sur la base : 250 000 × 3 % + 320 000 × 4 %20 300 €
CEHR avec lissage (× 2)40 600 €
CEHR sans lissage47 500 €

Le lissage fait économiser 6 900 €. Il ne s'applique pas automatiquement : service-public.gouv.fr indique que la demande se fait auprès du centre des finances publiques, et le BOFiP prévoit une réclamation en cas de changement de situation familiale.

Ce mécanisme a une limite nette. Un dirigeant dont le revenu dépassait déjà 250 000 € (500 000 € pour un couple) l'une des deux années précédentes en est exclu, même si la cession multiplie son revenu.

Quelle différence entre CEHR et CDHR ?

La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est un impôt plancher : elle vise une imposition minimale de 20 % du revenu de référence des foyers domiciliés en France qui dépassent les seuils de la CEHR. La CEHR est un supplément proportionnel, la CDHR un complément qui comble l'écart avec ce minimum.

La CDHR, codifiée à l'article 224 du CGI, a été créée par la loi de finances pour 2025 sur les revenus 2025, puis prorogée pour les revenus 2026 par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, avec les mêmes seuils que la CEHR. Selon service-public.gouv.fr, elle s'appliquera jusqu'à l'imposition des revenus de l'année où le déficit public sera inférieur à 3 % du PIB.

CritèreCEHRCDHR
Article du CGI223 sexies224
Seuils250 000 € / 500 000 €250 000 € / 500 000 €
Calcul3 % puis 4 % par tranche20 % du revenu ajusté − impôts déjà dus
Lissage d'un revenu exceptionnelQuotient, sur demandeRevenu exceptionnel retenu pour un quart
PaiementAvec le solde de l'impôt sur le revenuAcompte de 95 % du 1er au 15 décembre

Les deux contributions s'articulent. La CEHR due entre dans le total des impôts comparé au plancher de 20 %, avec l'impôt sur le revenu et les prélèvements libératoires. Ce total est majoré de 12 500 € pour un couple et de 1 500 € par personne à charge, et une décote s'applique jusqu'à 330 000 € de revenu (660 000 € pour un couple), selon le BOFiP BOI-IR-CDHR-10 du 30/06/2026.

Le BOFiP chiffre un exemple : un couple avec un enfant, 800 000 € de revenu fiscal de référence et 740 000 € de revenu de référence CDHR, doit 9 000 € de CEHR. Sur ce montant, 8 325 € sont retenus dans le calcul de la CDHR, qui atteint 31 074 €. Notre article sur la CDHR impôt détaille la formule complète et la décote.

Quand et comment payer la CEHR ?

La CEHR ne se déclare pas à part. L'administration la calcule à partir de la déclaration de revenus et l'ajoute à l'avis d'impôt sur le revenu, envoyé l'été suivant l'année de perception des revenus.

Elle n'entre pas dans le prélèvement à la source : aucun acompte mensuel n'est prélevé à ce titre. La CEHR sur les revenus 2026 sera donc payée à l'été 2027, avec le solde de l'impôt.

La CDHR suit un calendrier différent. Le foyer qui estime en être redevable déclare et verse un acompte de 95 % du montant dû sur les revenus 2026, du 1er au 15 décembre 2026, depuis son espace sur impots.gouv.fr. Un paiement tardif ou insuffisant entraîne une pénalité de 20 %, selon service-public.gouv.fr.

Pour la CEHR, un retard de paiement suit les règles de l'impôt sur le revenu : majoration de 10 % et intérêt de retard. Le contrôle s'exerce dans le délai de reprise de droit commun, jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle de l'imposition.

La CEHR va-t-elle augmenter avec le budget 2027 ?

La CEHR n'augmente pas dans le projet du Gouvernement. Le projet de loi de finances pour 2027, n° 3210, déposé le 1er octobre 2026, ne comporte pas, dans sa version initiale, de mesure portant sur la CEHR.

Le débat reste ouvert au Parlement, où le texte est examiné depuis octobre 2026 et peut être modifié par amendement. Une hausse de la CEHR ou un durcissement de la CDHR ne deviendrait applicable qu'après l'adoption définitive et la promulgation de la loi de finances, en principe à la fin de l'année.

Le contexte budgétaire pèse sur la durée de ces contributions. La fiche CDHR d'economie.gouv.fr confirme la reconduction de la CDHR pour les revenus 2026. Le débat sur la fiscalité du patrimoine est retracé dans nos articles sur le nouvel ISF et l'impôt sur la fortune improductive et la taxe Zucman.

Pour autant, anticiper une hausse hypothétique n'a pas toujours de sens. Avancer la perception d'un revenu, comme une distribution de dividendes, déclenche une imposition immédiate certaine pour éviter un surcoût incertain. Les placements financiers proposés en remplacement comportent par ailleurs un risque de perte en capital.

Questions fréquentes

Qui doit payer la CEHR ?

La CEHR est due par les foyers soumis à l'impôt sur le revenu dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour une personne seule, veuve, séparée ou divorcée, ou 500 000 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Le nombre d'enfants ne modifie pas ces seuils. Les non-résidents la paient sur leurs revenus de source française.

Quel est le taux de la CEHR en 2026 ?

Le taux de la CEHR est de 3 % sur la fraction du revenu fiscal de référence comprise entre 250 000 € et 500 000 € pour une personne seule, et de 4 % au-delà. Pour un couple, le taux de 3 % s'applique entre 500 000 € et 1 000 000 €, puis 4 % au-delà. Ces taux sont inchangés en 2026.

Les dividendes sont-ils soumis à la CEHR ?

Les dividendes entrent dans le revenu fiscal de référence, qu'ils soient imposés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % ou au barème progressif. Ils sont donc soumis à la CEHR dès que le revenu fiscal de référence du foyer dépasse le seuil. Une forte distribution de dividendes une année peut ainsi faire entrer un dirigeant dans la contribution.

Comment demander le lissage de la CEHR ?

Le lissage de la CEHR se demande auprès du centre des finances publiques, avec les éléments qui justifient les revenus des deux années précédentes. Il suppose que ces deux revenus soient restés sous le seuil et que le revenu de l'année atteigne au moins 1,5 fois leur moyenne. La contribution est alors calculée sur une base réduite puis multipliée par deux.

La CEHR et la CDHR se cumulent-elles ?

La CEHR et la CDHR se cumulent, mais la CDHR tient compte de la CEHR déjà due. La CDHR comble l'écart entre 20 % du revenu de référence ajusté, après décote éventuelle, et le total de l'impôt sur le revenu, de la CEHR et des prélèvements libératoires, majoré pour les couples et les personnes à charge. Un foyer dont ce total atteint le plancher ne doit pas de CDHR.

Sources

Une cession, une distribution de dividendes ou une plus-value importante est prévue ? Un conseiller Hexa Patrimoine peut estimer avec vous l'effet de la CEHR et de la CDHR lors d'un bilan patrimonial, confidentiel et sans engagement.

Laurence Martinez

À propos de l'auteur

Laurence Martinez

Co-fondatrice Hexa Patrimoine - Conseillère en gestion de patrimoine

Diplômée en ingénierie commerciale, avec 19 ans d'expérience en gestion de patrimoine elle assure le développement et le pilotage de la franchise : structuration du réseau, recrutement et certification Qualiopi.

Voir le profil LinkedIn

Besoin d'un conseil personnalisé ?

Nos conseillers vous accompagnent dans la structuration de votre patrimoine.

Demander un bilan
§ À lire aussi

Dans la thématique Fiscalité & Impôts

Patrimoine personnel et professionnel : la séparation de l'entrepreneur en 2026
Fiscalité & Impôts

Patrimoine personnel et professionnel : la séparation de l'entrepreneur en 2026

Depuis le 15 mai 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est séparé de son patrimoine professionnel, sans formalité. Les créanciers professionnels ne saisissent que les biens utiles à l'activité, sauf renonciation, fraude ou dettes fiscales personnelles.

Hexa Patrimoine25 mars 2026 · 1 min
Taxe Zucman : c'est quoi et où en est-elle en 2026 ?
Fiscalité & Impôts

Taxe Zucman : c'est quoi et où en est-elle en 2026 ?

La taxe Zucman prévoit que les foyers détenant plus de 100 millions d'euros paient au moins 2 % de leur patrimoine par an. Votée par les députés en février 2025, elle a été rejetée par le Sénat et n'a pas été retenue dans la loi de finances pour 2026.

Hexa Patrimoine16 septembre 2025 · 1 min
Nouvel ISF en 2026 : impôt sur la fortune improductive, IFI et seuil
Fiscalité & Impôts

Nouvel ISF en 2026 : impôt sur la fortune improductive, IFI et seuil

Le nouvel ISF n'a pas vu le jour en 2026. L'« impôt sur la fortune improductive » voté par les députés en octobre 2025, puis réécrit par le Sénat, a été écarté de la loi de finances du 19 février 2026. L'IFI reste dû au-delà de 1,3 million d'euros de patrimoine immobilier net.

Hexa Patrimoine20 août 2025 · 1 min
Voir toute la thématique