La contribution différentielle sur les hauts revenus fixe un impôt plancher de 20 %. Elle complète l'impôt sur le revenu et la CEHR des foyers dont le revenu de référence dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple). Elle vise les revenus 2025 et 2026, avec un acompte de 95 % versé en décembre.
Mis à jour le 13/10/2026
L'essentiel
- La CDHR est codifiée à l'article 224 du CGI ; créée par la loi de finances pour 2025, elle a été prorogée par la loi de finances pour 2026.
- Elle ne concerne que les foyers dont le taux moyen d'imposition (impôt sur le revenu, CEHR, prélèvements libératoires) reste inférieur à 20 % du revenu de référence.
- Une décote lisse l'entrée dans le dispositif entre 250 000 € et 330 000 € de revenu (500 000 € et 660 000 € pour un couple).
- L'acompte de 95 % sur les revenus 2026 se déclare et se paie du 1er au 15 décembre 2026 ; un défaut ou une insuffisance de plus de 20 % entraîne une majoration de 20 %.
- Le Gouvernement estimait à 24 300 le nombre de foyers redevables lors de la création du dispositif, selon le Sénat.
En octobre 2026, les foyers à hauts revenus préparent le deuxième acompte de CDHR, attendu en décembre. Cet article vous donne la définition de la CDHR impôt, sa formule de calcul pas à pas, deux exemples chiffrés et le calendrier de paiement.
CDHR impôt : qu'est-ce que la contribution différentielle sur les hauts revenus ?
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est une contribution additionnelle à l'impôt sur le revenu. Elle garantit que les foyers les plus aisés acquittent au moins 20 % de leur revenu de référence, tous impôts sur le revenu confondus. Elle est codifiée à l'article 224 du Code général des impôts.
Le dispositif a été créé par l'article 10 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025. L'article 2 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 l'a prorogé et ajusté, rappelle l'actualité BOFiP du 30/06/2026.
La CDHR impôt est dite différentielle : elle ne se calcule pas sur un taux fixe appliqué à un revenu. Son montant correspond à l'écart entre 20 % du revenu de référence et l'impôt déjà payé. Un foyer dont le taux moyen atteint déjà 20 % ne doit rien.
Qui doit payer la CDHR en 2026 ?
La CDHR s'applique aux contribuables domiciliés fiscalement en France qui remplissent deux conditions cumulatives, selon le BOFiP (BOI-IR-CDHR-10) :
- Un revenu de référence supérieur à 250 000 € pour une personne seule (célibataire, veuve, séparée ou divorcée), ou à 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune.
- Un taux moyen d'imposition inférieur à 20 % de ce revenu de référence.
Le seuil n'est pas relevé en fonction du nombre d'enfants. Lors de la création du dispositif, environ 62 500 foyers entraient dans le champ des seuils, dont 24 300 effectivement redevables, selon le rapport général du Sénat du 24 novembre 2025.
Les foyers concernés perçoivent surtout des revenus du capital imposés à taux proportionnel : dividendes, intérêts et plus-values soumis au prélèvement forfaitaire unique. Un foyer dont les revenus sont des salaires imposés au barème progressif dépasse en général 20 % de taux moyen et n'est pas redevable.
Comment se calcule la CDHR impôt ?
La CDHR impôt est égale à la différence positive entre deux termes, selon le guide CDHR d'impots.gouv.fr et le BOFiP. Le premier terme est 20 % du revenu de référence, diminué d'une éventuelle décote. Le second terme additionne l'impôt sur le revenu, la CEHR et les majorations forfaitaires.
Le revenu de référence part du revenu fiscal de référence, retraité de plusieurs éléments :
- Les abattements sur dividendes et plus-values (hors abattement pour durée de détention) sont réintégrés.
- Les salaires bénéficient d'une déduction forfaitaire de 10 %, plafonnée à 14 426 € par bénéficiaire pour les revenus 2025 ; les pensions, d'un abattement de 10 % plafonné à 4 399 € par foyer (plafonds revalorisés chaque année).
- Les revenus exceptionnels ne sont retenus que pour le quart de leur montant, selon le BOFiP (BOI-IR-CDHR-20).
- Les revenus de brevets imposés à 10 % sont exclus.
L'impôt de comparaison comprend l'impôt sur le revenu après réintégration de la plupart des réductions et crédits d'impôt, la CEHR non lissée et les prélèvements libératoires, hors ceux versés avant le 15/02/2025 pour les revenus 2025 et avant le 20/02/2026 pour les revenus 2026. Il est majoré de 1 500 € par personne à charge et de 12 500 € pour un couple soumis à imposition commune.
| Terme du calcul | Contenu | Référence |
|---|---|---|
| A : impôt plancher | 20 % du revenu de référence, moins la décote éventuelle | Art. 224 CGI |
| B : impôt déjà dû | Impôt sur le revenu retraité + CEHR non lissée + prélèvements libératoires | BOI-IR-CDHR-10 |
| Majorations de B | 1 500 € par personne à charge, 12 500 € par couple | BOI-IR-CDHR-10 |
| CDHR | A − B, si le résultat est positif | Art. 224 CGI |
| Acompte de décembre | 95 % de la CDHR estimée | BOI-IR-CDHR-30 |
Les prélèvements sociaux n'entrent pas dans le second terme. Un foyer qui acquitte des prélèvements sociaux élevés sur ses dividendes peut donc rester redevable de la CDHR.
Quelle décote pour la CDHR entre 250 000 € et 330 000 € de revenus ?
La décote de CDHR évite qu'un euro de revenu au-dessus du seuil déclenche une contribution importante. Elle s'applique lorsque le revenu de référence ne dépasse pas 330 000 € pour une personne seule, ou 660 000 € pour un couple.
Le BOFiP fixe la formule suivante : décote = 20 % × revenu de référence − 82,5 % × (revenu de référence − 250 000 €). Pour un couple, le seuil de 250 000 € est remplacé par 500 000 €. La décote s'annule exactement à 330 000 € et à 660 000 €.
| Revenu de référence (personne seule) | 20 % du revenu | Décote | Premier terme A |
|---|---|---|---|
| 260 000 € | 52 000 € | 43 750 € | 8 250 € |
| 300 000 € | 60 000 € | 18 750 € | 41 250 € |
| 330 000 € | 66 000 € | 0 € | 66 000 € |
Dans la zone de décote, le premier terme équivaut à 82,5 % de la fraction du revenu qui dépasse le seuil. La montée en charge est rapide : à 300 000 €, le plancher atteint déjà 41 250 €.
Exemple chiffré : combien coûte la CDHR selon les revenus ?
Les exemples suivants sont construits pour illustrer le calcul ; ils ne décrivent pas des situations réelles. Les revenus sont des dividendes soumis au prélèvement forfaitaire unique, dont la part d'impôt sur le revenu est de 12,8 %, et le foyer n'a ni réduction d'impôt ni revenu exceptionnel.
| Étape | Personne seule, 300 000 € de dividendes | Couple avec un enfant, 800 000 € de dividendes |
|---|---|---|
| Revenu de référence | 300 000 € | 800 000 € |
| Premier terme A (après décote) | 41 250 € | 160 000 € |
| Impôt sur le revenu (12,8 %) | 38 400 € | 102 400 € |
| CEHR | 1 500 € (3 % sur 50 000 €) | 9 000 € (3 % sur 300 000 €) |
| Majorations forfaitaires | 0 € | 14 000 € (12 500 € + 1 500 €) |
| Second terme B | 39 900 € | 125 400 € |
| CDHR due | 1 350 € | 34 600 € |
| Acompte de 95 % en décembre | 1 283 € | 32 870 € |
Le premier foyer, juste au-dessus du seuil, supporte une CDHR modeste grâce à la décote. Le second paie une contribution significative, car son imposition à taux proportionnel reste loin du plancher de 20 %. Les taux de CEHR retenus sont ceux publiés par service-public.gouv.fr.
Pour un foyer dont les revenus proviennent de cessions de titres, nos repères sur l'imposition des plus-values sur actions et sur l'abattement de 40 % sur les dividendes précisent l'option entre prélèvement forfaitaire et barème.
CDHR et CEHR : quelles différences ?
La CDHR et la CEHR visent les mêmes seuils de revenus, mais leur logique diffère. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) applique un taux de 3 % ou 4 % à la fraction du revenu qui dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple). La CDHR, elle, ne joue qu'en complément, lorsque l'imposition totale reste sous 20 %.
| Critère | CEHR | CDHR |
|---|---|---|
| Texte | Article 223 sexies du CGI | Article 224 du CGI |
| Création | Loi de finances pour 2012 | Loi de finances pour 2025 |
| Seuil d'entrée | 250 000 € seul, 500 000 € couple | 250 000 € seul, 500 000 € couple |
| Mécanisme | Taux de 3 % puis 4 % par tranche | Écart jusqu'à un taux plancher de 20 % |
| Revenus visés | Tous les revenus du revenu fiscal de référence | Revenu de référence retraité |
| Paiement | Avec l'impôt sur le revenu | Acompte de 95 % en décembre, puis solde |
La CEHR est intégrée au second terme de la CDHR : une hausse de la CEHR réduit donc la CDHR due. Notre article consacré à la CEHR détaille son barème et son lissage pour les revenus exceptionnels.
Comment déclarer et payer l'acompte de CDHR en décembre 2026 ?
L'acompte de CDHR sur les revenus 2026 se déclare et se paie du 1er au 15 décembre 2026, indique service-public.gouv.fr. Son montant est égal à 95 % de la contribution estimée par le contribuable, arrondi à l'euro le plus proche.
La démarche passe par l'espace particulier d'impots.gouv.fr, rubrique « Prélèvement à la source », onglet « Acompte – contribution différentielle sur les hauts revenus ». Le contribuable estime ses revenus de l'année, y compris ceux de décembre ; un simulateur est disponible sur impots.gouv.fr. Le paiement se fait par prélèvement, sans fractionnement ni report.
La régularisation intervient l'année suivante, à partir de la déclaration de revenus. L'acompte s'impute sur la CDHR définitive ; un excédent est restitué. Le BOFiP (BOI-IR-CDHR-30) prévoit une majoration de 20 % en cas de défaut, de retard, ou d'acompte inférieur de plus de 20 % à 95 % de la contribution due.
Le BOFiP illustre ce risque : pour un acompte de 5 000 € et une contribution due de 10 000 €, la majoration porte sur 4 500 € et atteint 900 €. L'estimation de décembre mérite donc un soin particulier lorsque des dividendes ou des cessions interviennent en fin d'année.
Jusqu'à quand la CDHR s'applique-t-elle ?
La CDHR s'applique aux revenus 2025 et 2026. Depuis la loi de finances pour 2026, elle reste applicable jusqu'à l'année où la loi relative aux résultats de la gestion constate un déficit du budget général inférieur à 3 % du PIB, selon l'actualité BOFiP du 30/06/2026.
Pour autant, son rendement reste incertain. Le Gouvernement en attendait 2 milliards d'euros par an lors de sa création. L'évaluation pour les revenus 2026 a été ramenée à 1,5 milliard d'euros, et l'Institut des politiques publiques estimait le rendement 2025 à 1,2 milliard d'euros au plus, d'après le rapport du Sénat.
La loi de finances pour 2026 a aussi ajusté le dispositif : prise en compte des prélèvements libératoires et période de référence portée de deux à trois ans en cas de changement de situation familiale. Le débat sur la fiscalité des hauts patrimoines se poursuit par ailleurs, avec la taxe Zucman et le projet d'impôt sur la fortune improductive.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la CDHR en impôt ?
La CDHR, ou contribution différentielle sur les hauts revenus, est un impôt minimal de 20 % sur le revenu de référence des foyers aisés. Elle vise un revenu supérieur à 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple, lorsque l'impôt sur le revenu, la CEHR et les prélèvements libératoires restent sous ce taux.
Qui est concerné par la CDHR ?
Les foyers domiciliés en France dont le revenu de référence dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) et dont le taux moyen d'imposition est inférieur à 20 %. Il s'agit surtout de foyers percevant des dividendes, intérêts ou plus-values imposés au prélèvement forfaitaire unique. Environ 24 300 foyers étaient attendus comme redevables à la création du dispositif.
Quand faut-il payer la CDHR en 2026 ?
L'acompte de CDHR sur les revenus 2026 se déclare et se paie du 1er au 15 décembre 2026, dans l'espace particulier d'impots.gouv.fr. Il représente 95 % de la contribution estimée. Le solde, ou le remboursement d'un excédent, intervient en 2027 après la déclaration des revenus 2026.
La CDHR remplace-t-elle la CEHR ?
La CDHR s'ajoute à la CEHR sans la remplacer. La CEHR reste due au taux de 3 % ou 4 % au-delà de 250 000 € de revenu pour une personne seule. Elle est ensuite intégrée au calcul de la CDHR : plus la CEHR est élevée, plus la CDHR due diminue, jusqu'à devenir nulle si l'imposition atteint 20 %.
Les prélèvements sociaux comptent-ils dans le calcul de la CDHR ?
Les prélèvements sociaux ne figurent pas dans l'impôt de comparaison de la CDHR. Seuls l'impôt sur le revenu retraité, la CEHR non lissée et les prélèvements libératoires sont retenus. Un foyer imposé au prélèvement forfaitaire unique peut donc rester redevable, car seule la part d'impôt sur le revenu de 12,8 % est prise en compte, hors prélèvements sociaux.
Sources
- ACTU-2026-00104 : création d'une contribution différentielle sur les hauts revenus, BOFiP-Impôts, 30/06/2026, consultée le 13/10/2026.
- BOI-IR-CDHR-10 : champ d'application, assiette et calcul, BOFiP-Impôts, version du 30/06/2026, consultée le 13/10/2026.
- BOI-IR-CDHR-20 : revenus exceptionnels, BOFiP-Impôts, version du 30/06/2026, consultée le 13/10/2026.
- BOI-IR-CDHR-30 : obligations déclaratives, paiement, contrôle et sanctions, BOFiP-Impôts, version du 30/06/2026, consultée le 13/10/2026.
- Guide de la contribution différentielle sur les hauts revenus, impots.gouv.fr, consulté le 13/10/2026.
- Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, service-public.gouv.fr, page vérifiée le 15/04/2026, consultée le 13/10/2026.
- Rapport général n° 139 (2025-2026), tome II, commentaire de l'article 2, Sénat, commission des finances, 24/11/2025, consulté le 13/10/2026.
- Code général des impôts, articles 200 A, 223 sexies et 224 ; loi n° 2025-127 du 14 février 2025 et loi n° 2026-103 du 19 février 2026, sur Légifrance.
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