PFU ou barème progressif : le prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % d'impôt sur le revenu reste le plus intéressant pour la majorité des épargnants. Le barème devient gagnant lorsque la tranche marginale d'imposition est de 0 % ou 11 %, ou pour des titres anciens bénéficiant d'abattements pour durée de détention. L'option est globale et annuelle.
Mis à jour le 14/10/2026
L'essentiel
- Le PFU, ou flat tax, cumule 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
- L'option pour le barème progressif se coche en case 2OP de la déclaration de revenus ; elle s'applique à tous les revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l'année.
- Le barème permet l'abattement de 40 % sur les dividendes et la déduction de 6,8 % de CSG du revenu imposable.
- Les abattements de 50 % à 85 % pour durée de détention ne concernent que les titres acquis avant le 1er janvier 2018, et seulement avec l'option barème.
- Depuis la loi de finances pour 2026, l'option n'est plus irrévocable pour les revenus 2026 et suivants.
En octobre 2026, les épargnants qui ont perçu des dividendes ou vendu des actions cette année préparent déjà leur déclaration du printemps 2027. Cet article vous donne les règles du PFU et du barème en 2026, une méthode de choix selon votre tranche marginale, deux exemples chiffrés et les pièges de l'option globale.
PFU ou barème progressif : définitions et prélèvements sociaux en 2026
Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) est le mode d'imposition par défaut des revenus du capital depuis 2018. Il s'applique aux dividendes, aux intérêts et aux plus-values de cession de valeurs mobilières, selon l'article 200 A du Code général des impôts. Son taux d'impôt sur le revenu est fixe : 12,8 %, quel que soit le niveau de revenus du foyer.
Le barème progressif de l'impôt sur le revenu est l'alternative. Les revenus du capital s'ajoutent alors aux salaires, pensions et autres revenus du foyer, puis sont imposés par tranches de 0 % à 45 %. Le contribuable choisit entre les deux régimes au moment de sa déclaration annuelle.
Les prélèvements sociaux sont dus dans les deux cas. Selon service-public.gouv.fr, l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a porté la CSG sur ces revenus de 9,2 % à 10,6 %. Le taux global des prélèvements sociaux passe ainsi de 17,2 % à 18,6 %, et le PFU de 30 % à 31,4 %.
| Revenus | Taux de prélèvements sociaux | Point de départ |
|---|---|---|
| Plus-values de cession d'actions | 18,6 % | Revenus 2025, déclarés en 2026 |
| Dividendes et intérêts prélevés à la source par un payeur français | 18,6 % | Revenus versés depuis le 1er janvier 2026 |
| Dividendes et intérêts sans prélèvement à la source (comptes à l'étranger) | 18,6 % | Revenus 2025, déclarés en 2026 |
| Gains du PEA après 5 ans | 18,6 %, sous réserve des taux historiques pour les gains antérieurs à 2018 | Retraits effectués depuis 2026 |
| Assurance vie, PEL, CEL, revenus fonciers, plus-values immobilières | 17,2 % | Taux inchangé |
Cette hausse s'applique quel que soit le mode d'imposition choisi. Elle ne pèse donc pas sur l'arbitrage entre PFU et barème, qui se joue uniquement sur la part d'impôt sur le revenu. Pour le détail de la réforme, notre article sur la hausse de la CSG en 2026 recense les placements concernés.
Comment fonctionne le PFU en 2026 ?
Le PFU fonctionne en deux temps : un acompte prélevé à la source par la banque, puis une régularisation lors de la déclaration. Le taux d'impôt de 12,8 % s'applique au montant brut, sans abattement ni déduction de frais.
L'établissement payeur retient un prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % sur les dividendes et les intérêts au moment du versement. Selon la brochure pratique 2026 sur les revenus de capitaux mobiliers, cet acompte s'impute sur l'impôt dû au titre de l'année de perception, calculé l'année suivante ; l'excédent est restitué. Les plus-values de cession, elles, ne font pas l'objet d'un acompte.
Les foyers sous certains seuils de revenus peuvent demander une dispense d'acompte. Le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année doit être inférieur à 50 000 € pour une personne seule ou 75 000 € pour un couple, s'agissant des dividendes. Pour les intérêts, les seuils sont de 25 000 € et 50 000 €. L'attestation sur l'honneur se remet à la banque au plus tard le 30 novembre de l'année précédant le versement.
Le PFU a un mérite pratique : il plafonne l'impôt sur le revenu à 12,8 %, même pour un foyer imposé à 41 % ou 45 %. Il présente aussi une limite. Les frais d'acquisition de revenus, comme les droits de garde, ne sont pas déductibles, et la CSG n'est pas déductible du revenu imposable.
Comment fonctionne l'option pour le barème progressif ?
L'option pour le barème progressif est globale. Elle s'exerce en cochant la case 2OP de la déclaration de revenus et vise l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values mobilières du foyer pour l'année, selon impots.gouv.fr. Le contribuable ne peut pas choisir le barème pour ses dividendes et le PFU pour ses intérêts.
Le barème applicable aux revenus 2025 est prévu à l'article 197 du CGI. L'article 4 de la loi de finances pour 2026 l'a revalorisé de 0,9 %. Commenté au BOFiP (BOI-IR-LIQ-20-10) dans sa version du 07/04/2026, il comporte cinq tranches.
| Fraction du revenu imposable par part (revenus 2025) | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Pour les revenus 2026, le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, propose une revalorisation de 2,1 % des limites de tranches, selon economie.gouv.fr. Ce barème n'est pas définitif tant que la loi n'est pas votée.
L'option ouvre trois avantages propres au barème :
- l'abattement de 40 % sur les dividendes, prévu à l'article 158 du CGI ;
- la déduction de 6,8 % de CSG du revenu imposable de l'année de son paiement, taux inchangé malgré la hausse de la CSG ;
- les abattements pour durée de détention sur les plus-values de titres acquis avant le 1er janvier 2018.
La loi de finances pour 2026, article 126, a assoupli le régime de l'option. D'après la brochure des nouveautés 2026, l'option n'est plus irrévocable pour les revenus 2026 et suivants : le contribuable peut y renoncer dans le délai de réclamation ou lors d'un contrôle. La fiche service-public.gouv.fr sur le PFU limite cette faculté aux revenus 2026 et suivants : pour les revenus 2025 déclarés au printemps 2026, l'option cochée reste irrévocable.
PFU ou barème progressif : quelle option selon votre tranche marginale ?
Le choix entre PFU ou barème progressif dépend d'abord de la tranche marginale d'imposition (TMI) du foyer, c'est-à-dire le taux appliqué à la dernière tranche de revenu. La règle se lit en comparant 12,8 % au taux effectif du barème après abattement.
| Type de revenu | TMI 0 % | TMI 11 % | TMI 30 % | TMI 41 % ou 45 % |
|---|---|---|---|---|
| Dividendes (abattement de 40 %) | Barème | Barème (6,6 %) | PFU (barème à 18 %) | PFU |
| Intérêts, obligations | Barème | Barème (11 %) | PFU | PFU |
| Plus-values sur titres acquis depuis 2018 | Barème | Barème (11 %) | PFU | PFU |
| Plus-values sur titres acquis avant 2018, détenus au moins 8 ans (abattement de 65 %) | Barème | Barème (3,85 %) | Barème (10,5 %) | PFU (barème à 14,35 % ou 15,75 %) |
Pour les dividendes, le barème l'emporte tant que 60 % du taux marginal reste inférieur à 12,8 %, soit une TMI inférieure à 21,3 %. Dans le barème actuel, cela correspond aux tranches à 0 % et 11 %. La déduction de CSG renforce légèrement l'avantage du barème, puisqu'elle réduit le revenu imposable.
Ce tableau appelle une réserve. L'option étant globale, un foyer qui perçoit à la fois des dividendes et des intérêts doit faire le calcul sur l'ensemble. Des intérêts importants taxés à 30 % peuvent effacer le gain réalisé sur les dividendes. Le simulateur de l'impôt sur le revenu de l'administration fiscale, sur impots.gouv.fr, permet de tester les deux scénarios avant de valider la déclaration.
L'ajout des revenus du capital peut aussi faire basculer une partie du revenu dans la tranche supérieure. Un foyer proche de la limite de 29 579 € par part doit donc refaire le calcul tranche par tranche.
Exemples chiffrés : flat tax ou barème sur 10 000 € de dividendes
Les deux exemples suivants sont construits pour illustrer le calcul ; ils ne décrivent pas des situations réelles. Ils portent sur 10 000 € de dividendes et sur la seule part d'impôt sur le revenu, avec le barème des revenus 2025. Les prélèvements sociaux sont identiques dans les deux régimes.
Exemple 1 : un couple de retraités dans la tranche à 11 %. Le couple déclare 40 000 € de revenu imposable hors dividendes, soit 20 000 € par part. Avec le barème, les dividendes sont retenus pour 6 000 € après l'abattement de 40 %. Le revenu par part monte à 23 000 €, toujours sous la limite de 29 579 €.
| Calcul | PFU | Barème progressif |
|---|---|---|
| Dividendes bruts | 10 000 € | 10 000 € |
| Base imposable à l'impôt sur le revenu | 10 000 € | 6 000 € |
| Taux appliqué | 12,8 % | 11 % (TMI) |
| Impôt sur le revenu | 1 280 € | 660 € |
| CSG déductible | 0 € | 680 € |
| Économie d'impôt liée à la CSG déductible | 0 € | environ 75 € |
| Coût net en impôt sur le revenu | 1 280 € | environ 585 € |
Le barème fait économiser environ 695 € à ce couple, à condition qu'il n'ait pas d'autres revenus du capital imposés défavorablement.
Exemple 2 : un cadre célibataire dans la tranche à 30 %. Il déclare 50 000 € de revenu imposable hors dividendes, pour une part. Avec le barème, l'impôt sur les 6 000 € de dividendes imposables atteint 1 800 €, contre 1 280 € avec le PFU. La déduction de CSG ne rattrape que 204 €. Le PFU reste plus favorable d'environ 316 €.
Plus-values d'actions : faut-il choisir le PFU ou le barème ?
Pour les plus-values de cession d'actions, le PFU s'impose dans la plupart des cas, car les titres achetés depuis 2018 n'ouvrent droit à aucun abattement. Le barème garde un intérêt pour des titres anciens ou pour un foyer peu imposé.
Les abattements pour durée de détention, prévus à l'article 150-0 D du CGI, ne s'appliquent qu'avec l'option barème et pour des titres acquis avant le 1er janvier 2018. La brochure pratique 2026 sur les plus-values en rappelle les taux :
- abattement de droit commun : 50 % entre 2 et 8 ans de détention, 65 % au-delà de 8 ans ;
- abattement renforcé pour certaines PME : 50 % entre 1 et 4 ans, 65 % entre 4 et 8 ans, 85 % au-delà de 8 ans.
Ces abattements réduisent l'impôt sur le revenu, mais pas l'assiette des prélèvements sociaux. Le dirigeant qui part à la retraite dispose d'un autre outil : l'abattement fixe de 500 000 € de l'article 150-0 D ter, prorogé jusqu'au 31 décembre 2031. Il s'applique quel que soit le mode d'imposition, donc aussi avec le PFU, mais ne se cumule pas avec les abattements pour durée de détention.
Les moins-values s'imputent sur les plus-values de même nature de l'année, puis sur celles des dix années suivantes. Pour un panorama complet, notre guide sur l'imposition des plus-values sur actions détaille les cas particuliers.
Le PEA échappe à ce choix. Après cinq ans, les gains retirés sont exonérés d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restant dus, selon impots.gouv.fr. Les placements en actions comportent un risque de perte en capital. Pour alimenter un PEA progressivement, l'investissement DCA par versements programmés lisse le prix d'entrée sans supprimer ce risque.
PFU ou barème progressif : quels pièges éviter ?
Les principaux pièges de l'arbitrage entre PFU ou barème progressif tiennent à l'option globale, à sa reconduction sans recalcul et aux contributions des hauts revenus. Une vérification annuelle de la déclaration suffit à les éviter.
Le premier piège est de reconduire l'option sans recalcul. Un foyer dont les revenus ont augmenté peut rester au barème alors que le PFU est devenu plus favorable. Pour les revenus 2026 et suivants, il peut toutefois y renoncer dans le délai de réclamation.
Le deuxième piège concerne les hauts revenus. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, de 3 % ou 4 % selon l'article 223 sexies du CGI, se calcule sur le revenu fiscal de référence. Ce revenu inclut les revenus soumis au PFU. Selon le BOFiP (BOI-IR-CDHR-10), la contribution différentielle garantit un taux minimal d'imposition de 20 %. Elle concerne les foyers dont le revenu dépasse 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple.
Le troisième piège concerne les dirigeants qui se versent des dividendes. Le choix du mode d'imposition s'articule avec la structure de détention : une holding soumise au régime mère-fille reporte l'imposition personnelle jusqu'à la redistribution. Le fonctionnement de l'abattement de 40 % sur les dividendes et ses conditions sont détaillés dans un article dédié.
Questions fréquentes
Quel est le taux du PFU en 2026 ?
Le PFU s'élève à 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. La hausse vient de l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui porte la CSG de 9,2 % à 10,6 %. Elle s'applique aux plus-values mobilières depuis les revenus 2025 et aux dividendes et intérêts versés depuis le 1er janvier 2026.
Quand le barème progressif est-il plus intéressant que le PFU ?
Le barème progressif est plus intéressant lorsque la tranche marginale d'imposition du foyer est de 0 % ou 11 %. Pour les dividendes, l'abattement de 40 % ramène le taux effectif à 6,6 % dans la tranche à 11 %. Pour des titres acquis avant 2018 et détenus au moins huit ans, le barème peut aussi gagner dans la tranche à 30 %.
Peut-on choisir le barème pour les dividendes et le PFU pour les plus-values ?
Il est impossible de panacher les deux régimes. L'option pour le barème, cochée en case 2OP, est globale : elle s'applique à l'ensemble des dividendes, intérêts et plus-values mobilières du foyer pour l'année. Le calcul doit donc porter sur la totalité des revenus du capital, en vérifiant que le gain obtenu sur un type de revenu n'est pas effacé par un autre.
L'option pour le barème est-elle irrévocable ?
L'option est irrévocable pour les revenus 2025 déclarés au printemps 2026. La loi de finances pour 2026, article 126, a supprimé cette irrévocabilité pour les revenus 2026 et suivants. Le contribuable pourra revenir sur son choix dans le délai de réclamation ou lors d'un contrôle fiscal, ce qui réduit le risque d'une option mal calibrée.
La CSG est-elle déductible avec le PFU ?
La CSG n'est déductible qu'avec l'option pour le barème progressif. Dans ce cas, 6,8 % des revenus soumis à la CSG se déduisent du revenu imposable de l'année de son paiement. Ce taux déductible reste de 6,8 % malgré la hausse de la CSG à 10,6 % sur les revenus du capital. Avec le PFU, aucune déduction n'est possible.
Sources
- Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et les produits de placement, service-public.gouv.fr, vérifiée le 30/06/2026, consultée le 14/10/2026.
- Prélèvement forfaitaire unique et option pour le barème, service-public.gouv.fr, vérifiée le 15/04/2026, consultée le 14/10/2026.
- Les revenus mobiliers, impots.gouv.fr, mise à jour le 08/04/2026, consultée le 14/10/2026.
- Brochure pratique IR 2026 : nouveautés, DGFiP, 2026, consultée le 14/10/2026.
- Brochure pratique IR 2026 : revenus de capitaux mobiliers, DGFiP, 2026, consultée le 14/10/2026.
- Brochure pratique IR 2026 : plus-values, DGFiP, 2026, consultée le 14/10/2026.
- BOI-IR-LIQ-20-10 : barème de l'impôt sur le revenu, BOFiP-Impôts, version du 07/04/2026, consultée le 14/10/2026.
- Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR), service-public.gouv.fr, vérifiée le 15/04/2026, consultée le 14/10/2026.
- BOI-IR-CDHR-10 : contribution différentielle sur les hauts revenus, BOFiP-Impôts, version du 30/06/2026, consultée le 14/10/2026.
- PEA : les retraits sont-ils imposables ?, impots.gouv.fr, mise à jour le 17/07/2026, consultée le 14/10/2026.
- PLF 2027 : les principales mesures pour les particuliers et les entreprises, economie.gouv.fr, 07/10/2026, consultée le 14/10/2026.
- Code général des impôts, articles 150-0 D, 150-0 D ter, 158, 197, 200 A et 223 sexies, sur Légifrance.
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