Imposition des plus-values sur actions en 2026
Fiscalité & Impôts

Imposition des plus-values sur actions en 2026 : PFU, barème et abattements

5 juillet 20247 min de lectureLaurence Martinez
En 2026, la plus-value sur actions détenues en compte-titres est imposée par défaut au PFU de 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux). Le barème progressif peut alléger l'impôt à 11 % ou pour des titres achetés avant 2018.

En 2026, la plus-value réalisée en vendant des actions sur un compte-titres est imposée par défaut au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Ce taux réunit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. L'option pour le barème progressif peut alléger l'impôt, surtout pour un foyer imposé à 11 % ou détenant des titres achetés avant 2018.

Mis à jour le 13/10/2026

L'essentiel

  • Taux global par défaut : 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), contre 30 % avant la LFSS 2026.
  • Seule la plus-value est taxée : prix de cession net de frais, moins prix d'acquisition frais inclus.
  • L'abattement pour durée de détention (50 % ou 65 %, jusqu'à 85 % en régime renforcé) ne concerne que les titres acquis avant le 1er janvier 2018, sur option pour le barème.
  • Les moins-values s'imputent sur les plus-values de même nature de l'année, puis des 10 années suivantes.
  • Le PEA exonère d'impôt sur le revenu les gains retirés après 5 ans ; les prélèvements sociaux restent dus.

Comment fonctionne l'imposition des plus-values sur actions en 2026 ?

L'imposition des plus-values sur actions suit un principe simple : seul le gain réalisé est taxé, l'année de la vente. Vendre des actions à perte ne crée aucun impôt. Vendre avec un gain déclenche l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux sur ce gain, déclarés l'année suivante.

Une plus-value de cession de valeurs mobilières est la différence positive entre le prix de vente d'actions ou de parts sociales et leur prix d'acquisition. Elle relève de l'article 150-0 A du Code général des impôts (CGI) et concerne les titres détenus en direct ou sur un compte-titres ordinaire.

Depuis 2018, ces gains sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU), souvent appelé flat tax. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital. Selon impots.gouv.fr, les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 % à compter du 1er janvier 2026.

Le taux global atteint donc 31,4 %. La hausse vise aussi les revenus 2025 qui n'ont pas supporté les prélèvements sociaux à l'encaissement. Les plus-values de cession réalisées en 2025 sont ainsi taxées à 18,6 % sur l'avis d'impôt 2026 (article 12 de la loi n° 2025-1403 de financement de la Sécurité sociale pour 2026).

ComposanteAvant la LFSS 2026Après la LFSS 2026
Impôt sur le revenu (PFU)12,8 %12,8 %
CSG9,2 %10,6 %
CRDS0,5 %0,5 %
Prélèvement de solidarité7,5 %7,5 %
Total des prélèvements sociaux17,2 %18,6 %
Taux global du PFU30 %31,4 %

Pour un panorama des autres produits touchés par la hausse, consultez notre article sur la CSG 2026 et son impact sur l'épargne.

Comment calculer la plus-value imposable sur une vente d'actions ?

La plus-value imposable se calcule en trois étapes : prix de cession net, prix d'acquisition majoré des frais, puis différence entre les deux. Le résultat est le gain brut, avant tout abattement éventuel.

  1. Prix de cession net : prix de vente des titres, diminué des frais supportés par le vendeur (courtage, honoraires liés à la cession).
  2. Prix d'acquisition : prix d'achat ou de souscription, augmenté des frais d'acquisition (commissions, droits d'enregistrement). Pour des titres reçus par donation ou succession, on retient la valeur déclarée dans l'acte.
  3. Plus-value brute : prix de cession net moins prix d'acquisition.

Lorsque des actions d'une même société ont été achetées en plusieurs fois, le prix d'acquisition retenu est le prix moyen pondéré d'achat (article 150-0 D du CGI). La banque l'applique dans l'imprimé fiscal unique (IFU) pour les titres du compte. En cas de comptes multiples détenant les mêmes titres, le prix moyen se recalcule sur l'ensemble.

Pour un dirigeant qui vend les titres de sa société, le calcul suit la même logique. Le prix d'acquisition correspond alors à l'apport en capital initial ou au prix payé lors du rachat des parts. Le montant en jeu justifie souvent une étude préalable de l'apport-cession, qui permet sous conditions de reporter l'imposition.

PFU à 31,4 % ou barème progressif : quel régime choisir ?

Le PFU convient aux foyers dont la tranche marginale d'imposition atteint 30 % ou plus. Le barème progressif est plus favorable pour un foyer non imposable ou imposé à 11 %, puisque ces taux restent inférieurs à 12,8 %. Les titres achetés avant le 1er janvier 2018 peuvent changer la conclusion.

L'option pour le barème se fait en cochant la case 2OP de la déclaration de revenus. Elle est globale : elle s'applique à tous les revenus de capitaux mobiliers et à toutes les plus-values de l'année, dividendes compris. Pour les revenus 2026 et suivants, il est possible d'y renoncer si elle s'avère défavorable, dans le délai de réclamation ou lors d'un contrôle fiscal (service-public.gouv.fr).

Le barème applicable aux revenus 2025, publié par service-public.gouv.fr, est le suivant pour une part de quotient familial. Les plus-values réalisées en 2026 relèveront du barème fixé par la loi de finances pour 2027.

Tranche de revenu imposableTaux
Jusqu'à 11 600 €0 %
De 11 601 € à 29 579 €11 %
De 29 580 € à 84 577 €30 %
De 84 578 € à 181 917 €41 %
Au-delà de 181 917 €45 %

Le choix du barème a deux autres effets. Une fraction de la CSG devient déductible du revenu global. La plus-value s'ajoute aussi aux autres revenus et peut faire basculer une partie du revenu dans la tranche supérieure. Notre article PFU ou barème progressif détaille cet arbitrage pour les actions.

Quels abattements pour durée de détention restent applicables ?

L'abattement pour durée de détention réduit la part de plus-value soumise à l'impôt sur le revenu. Depuis 2018, il ne s'applique qu'à deux conditions cumulatives : des titres acquis avant le 1er janvier 2018 et l'option pour le barème progressif, précise impots.gouv.fr.

RégimeDurée de détentionTaux d'abattement
Droit communDe 2 ans à moins de 8 ans50 %
Droit commun8 ans ou plus65 %
Renforcé (PME de moins de 10 ans)Plus d'1 an à moins de 4 ans50 %
Renforcé (PME de moins de 10 ans)Plus de 4 ans à moins de 8 ans65 %
Renforcé (PME de moins de 10 ans)8 ans ou plus85 %

Le régime renforcé vise les titres de PME souscrits ou acquis dans les dix ans suivant la création de la société, dont le siège se situe dans l'Espace économique européen. L'abattement ne réduit jamais les prélèvements sociaux : ils restent calculés sur la totalité du gain.

Une nuance importante : des actions achetées en 2018 ou après n'ouvrent droit à aucun abattement, quelle que soit leur durée de détention. Un portefeuille constitué récemment reste donc imposé sur 100 % du gain, au PFU comme au barème.

Comment les moins-values réduisent-elles l'imposition des plus-values sur actions ?

Une moins-value est une perte constatée lors d'une vente d'actions sous leur prix d'acquisition. Elle ne se déduit pas du revenu global. Elle s'impute d'abord sur les plus-values de même nature réalisées la même année, puis sur celles des 10 années suivantes, en commençant par les plus anciennes (service-public.gouv.fr).

Cette règle donne un levier de gestion. Un investisseur qui réalise une plus-value importante une année peut vérifier le stock de moins-values reportables figurant sur ses déclarations précédentes. Pour des titres acquis avant 2018, les moins-values s'imputent avant l'abattement pour durée de détention (article 150-0 D, 1 ter du CGI).

Investir en actions comporte un risque de perte en capital : une moins-value reportable atténue l'impôt futur, elle ne compense pas la perte subie.

Exemple illustratif : calcul de l'impôt sur une plus-value d'actions

L'exemple ci-dessous est construit pour illustrer les règles ; il ne décrit pas une situation réelle. Un foyer vend en 2026 des actions cotées détenues sur un compte-titres pour 30 000 €, avec 100 € de frais. Il les avait achetées 18 000 €, plus 100 € de frais d'acquisition.

La plus-value brute s'élève à 29 900 € − 18 100 €, soit 11 800 €. On suppose que toute la plus-value reste dans la même tranche du barème.

ScénarioImpôt sur le revenuPrélèvements sociaux (18,6 %)Total
PFU1 510,40 € (12,8 %)2 194,80 €3 705,20 €
Barème, tranche à 11 %, titres achetés depuis 20181 298,00 €2 194,80 €3 492,80 €
Barème, tranche à 30 %, titres achetés depuis 20183 540,00 €2 194,80 €5 734,80 €
Barème, tranche à 30 %, titres achetés avant le 1er janvier 2018 et détenus 8 ans (abattement 65 %)1 239,00 €2 194,80 €3 433,80 €

Trois enseignements ressortent. À 11 %, le barème fait économiser environ 212 € avant l'effet de la CSG déductible. À 30 % sans abattement, le PFU est nettement plus favorable. À 30 % avec un abattement de 65 %, le barème redevient intéressant, sous réserve des autres revenus mobiliers du foyer soumis à la même option.

PEA, PEE, départ à la retraite : quels cadres réduisent l'impôt ?

Plusieurs cadres légaux allègent l'imposition des plus-values sur actions, sans la supprimer totalement : les prélèvements sociaux restent presque toujours dus.

  • Plan d'épargne en actions (PEA) : les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu en l'absence de retrait pendant 5 ans. Les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent quelle que soit la date de retrait (impots.gouv.fr). Un retrait avant 5 ans est taxé à 12,8 % plus 18,6 %.
  • Plan d'épargne entreprise (PEE) : les plus-values sont exonérées d'impôt sur le revenu à l'issue de la période d'indisponibilité ou en cas de déblocage anticipé autorisé ; les prélèvements sociaux restent dus.
  • Dirigeant de PME partant à la retraite : un abattement fixe de 500 000 € peut s'appliquer sous conditions (article 150-0 D ter du CGI). Il ne se cumule pas avec l'abattement renforcé.
  • Apport-cession : l'apport des titres à une holding soumise à l'IS place la plus-value en report d'imposition (article 150-0 B ter du CGI). Si la holding revend les titres dans les trois ans, elle doit réinvestir une part du prix dans des activités éligibles, conditions durcies par la loi de finances pour 2026.

Pour un dirigeant, le choix entre ces cadres se prépare avant la signature de la cession. Les plus-values importantes peuvent aussi déclencher la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, à intégrer au calcul. Les très grands patrimoines suivent aussi le débat sur la taxe Zucman, un impôt plancher de 2 % sur la fortune écarté de la loi de finances pour 2026.

Comment déclarer une plus-value sur actions ?

La déclaration intervient au printemps de l'année qui suit la vente. Les plus-values 2026 se déclarent en 2027, sur la déclaration de revenus et ses annexes.

L'établissement financier adresse un IFU récapitulant les cessions de l'année. La plus-value se reporte en case 3VG de la déclaration 2042-C et la moins-value nette en case 3VH. L'abattement de droit commun se déclare en case 3SG, selon la notice 2042-C. Le formulaire 2074 aide à calculer ces montants lorsque les titres ne sont pas gérés par une banque, par exemple des parts de SARL.

Les prélèvements sociaux sur les plus-values ne sont pas retenus à la source : ils figurent sur l'avis d'impôt reçu l'été suivant. Les dividendes obéissent à une logique différente, détaillée dans notre article sur l'abattement de 40 % sur les dividendes. Le rachat d'actions par une société suit lui aussi des règles propres.

Questions fréquentes

Quel est le taux d'imposition d'une plus-value sur actions en 2026 ?

Par défaut, la plus-value sur actions détenues sur un compte-titres est soumise au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur option globale, l'impôt sur le revenu peut être calculé au barème progressif, les prélèvements sociaux restant à 18,6 %.

Peut-on vendre des actions sans payer d'impôt ?

Une vente sans gain ne crée aucun impôt. Les gains retirés d'un PEA de plus de 5 ans sont exonérés d'impôt sur le revenu, mais supportent les prélèvements sociaux. Une moins-value antérieure de moins de 10 ans peut aussi neutraliser une plus-value de même nature. Hors de ces cas, le gain est imposable.

L'abattement pour durée de détention s'applique-t-il encore ?

L'abattement pour durée de détention s'applique uniquement aux titres acquis avant le 1er janvier 2018 et seulement si le foyer opte pour le barème progressif. Il atteint 50 % entre 2 et 8 ans de détention et 65 % au-delà, jusqu'à 85 % pour certaines PME de moins de dix ans. Il ne réduit pas les prélèvements sociaux.

Quand faut-il payer l'impôt sur une plus-value d'actions ?

L'impôt est dû l'année suivant la vente. Une plus-value réalisée en 2026 se déclare au printemps 2027 ; l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux correspondants figurent sur l'avis d'imposition reçu à l'été 2027. Aucun prélèvement n'est opéré par la banque au moment de la cession sur un compte-titres.

Les moins-values sur actions sont-elles déductibles des autres revenus ?

Les moins-values sur actions ne se déduisent pas du revenu global, comme les salaires ou les pensions. Elles s'imputent uniquement sur les plus-values de même nature réalisées la même année, puis sur celles des dix années suivantes. Le solde non utilisé au terme de ce délai est perdu.

Sources

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Laurence Martinez

À propos de l'auteur

Laurence Martinez

Co-fondatrice Hexa Patrimoine - Conseillère en gestion de patrimoine

Diplômée en ingénierie commerciale, avec 19 ans d'expérience en gestion de patrimoine elle assure le développement et le pilotage de la franchise : structuration du réseau, recrutement et certification Qualiopi.

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